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	<description>Le blog des passionnés d&#039;énigmes historiques</description>
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		<title>LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lugus1967]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Oct 2025 17:21:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MONSTRES ET MERVEILLES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie) La mystérieuse et fascinante affaire de la Bête du Gévaudan, une tragédie qui a marqué l’histoire de France. UNE CRÉATURE MYSTÉRIEUSE Au XVIIIe siècle, dans la région du Gévaudan, située dans l’actuelle Lozère, une série d’attaques sanglantes sème la terreur parmi la population locale. Durant trois longues années, entre [&#8230;]</p>
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									<h1>LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie)</h1><h2>La mystérieuse et fascinante affaire de la Bête du Gévaudan, une tragédie qui a marqué l’histoire de France.</h2><h3>UNE CRÉATURE MYSTÉRIEUSE</h3><h3>Au XVIIIe siècle, dans la région du Gévaudan, située dans l’actuelle Lozère, une série d’attaques sanglantes sème la terreur parmi la population locale. Durant trois longues années, entre le 30 juin 1764 et le 19 juin 1767, une créature mystérieuse, surnommée la Bête du Gévaudan, tue de nombreuses personnes, principalement des femmes et des enfants.</h3><h3>Les premières attaques de la Bête sont signalées en juin 1764. Les descriptions de la créature varient, mais la majorité des témoins s’accorde à décrire un animal sauvage, ressemblant à un grand loup, mais un loup extraordinaire avec des caractéristiques inhabituelles, ce qui a alimenté de nombreuses spéculations.</h3><p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-11221" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-1-300x198.jpg" alt="LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie). La bête du Gévaudan. Transcription du texte au-dessus du dessin : « Figure du monstre qui désole le Gevaudan." width="641" height="423" /></p><p>La bête du Gévaudan. Transcription du texte au-dessus du dessin : « Figure du monstre qui désole le Gevaudan. Cette bête est de la taille d&rsquo;un jeune taureau, elle attaque de préférence les femmes et les enfan(t)s, boit leur sang, leur coupe la tête et l&#8217;emporte. Il est promis 2700 lt (livres tournois) à qui tuerait cet animal. ». (Wikimedia Commons).</p><h3>Surtout l’état des corps, les blessures et les mutilations (décapitations, scalps, morsures de la face et du crâne), jugées inhabituelles, suggèrent une « bête » hors du commun. La traque de la Bête du Gévaudan mobilise de nombreuses troupes militaires. Le fait qu’elle échappe aux pièges, aux appâts empoisonnés, aux battues et résiste aux balles de fusils, donne naissance à toutes sortes de rumeurs et croyances. Les uns évoquent un loup étrange, d’autres un animal exotique, d’autres encore une créature surnaturelle, telle un homme qui peut se changer en loup.</h3><h3>TROIS ANS DE TERREUR</h3><h3>1764-1767 : La période la plus intense des attaques. La Bête aurait lancé plus de 200 attaques et tué plus de 100 personnes, principalement des femmes et des enfants. Les attaques ont surtout lieu dans le nord de l&rsquo;ancien pays du Gévaudan ce qui correspond globalement à l&rsquo;actuel département de la Lozère. Quelques cas sont cependant signalés dans le sud de l&rsquo;Auvergne, le nord du Vivarais, le Rouergue et le sud du Velay.</h3><h3>LES FAITS</h3><h3>1764</h3><h3>L’ANNÉE DE TOUS LES MALHEURS</h3><h3>Avec le retour du printemps, le gros et le petit bétail sont menés chaque jour aux pâturages. Ce sont souvent les enfants qui se chargent de cette besogne. Ainsi des enfants, mais également des adolescents, des jeunes femmes ou des femmes âgées gardent les troupeaux. Ce qui explique la forte mortalité parmi ces différents groupes lors des attaques de la Bête. Pourtant les loups sont nombreux en Gévaudan et la population les connaît bien. Lorsque la Bête apparaît, il s’agit d’autre chose…</h3><h3>Les témoignages sont formels. Certes, on fait des parallèles avec les loups quant aux caractéristiques de la Bête, mais aucun témoin ne reconnaît dans le fauve qui attaque les enfants un simple loup, aussi gros soit-il.</h3><h3>LES PREMIÈRES ATTAQUES</h3><h3>Au début de l’été 1764, une vachère vivant près de Langogne affirme avoir été attaquée par une « bête » mais s’en sort indemne, avec des meurtrissures sans gravité et ses vêtements déchirés, ayant été protégée par ses bœufs qui ont chargé l’animal. Un premier témoin décrit la Bête. Elle ressemble à un loup, mais ce n’en est pas un. Sa tête est plus grosse et porte une raye noire tout le long du dos. Et surtout, elle ne s’en prend pas au bétail, mais chose inhabituelle, s’attaque aux humains.</h3><h3>Le 30 juin, Jeanne Boulet, une jeune fille de 14 ans, est tuée près de Langogne, dans le village des Hubacs, en Vivarais (actuel département de l’Ardèche). On retrouve son corps en partie dévoré. C’est la première attaque documentée. Son acte de sépulture, daté du 1<sup>er</sup> juillet indique qu’elle fut tuée par « la bête féroce ».</h3><p><img decoding="async" class="alignnone wp-image-11222" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-2-300x212.jpg" alt="Acte de sépulture de Jeanne Boulet à St Étienne-de-Lugdarès (Ardèche)." width="546" height="386" /></p><p>Acte de sépulture de Jeanne Boulet à St Étienne-de-Lugdarès (Ardèche).</p><p>« <em>L&rsquo;an 1764 et le 1er juillet a été anterrée Jeane Boulet sans sacremens, ayant été tuée par la bette féroce présans Joseph Vigier (et) Jean Reboul</em> ». (Wikimedia Commons).</p><h3>Le 6 août, c’est Marianne Hébrard qui est tuée par la Bête, « étranglée » et « en partie dévorée » à l’entrée du village de Cellier (à une vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau des Hubacs).</h3><h3>LES ATTAQUENT SE POURSUIVENT</h3><h3>Une autre victime, également âgée de 14 ans, est rapportée le 8 août dans le hameau de Masméjean, dans la paroisse de La Bastide-Puylaurent. La jeune fille est retrouvée, la gorge ouverte, gisant dans son sang, mutilée avec des « marques de crocs très nettes ». La pauvre fille a elle aussi été victime d’une bête féroce.</h3><h3>Les premiers cas sont signalés dans la vallée de l’Allier. Ensuite, à la fin août et en septembre, d’autres attaques sont recensées dans la forêt de Mercoire et ses environs.</h3><h3>Fin août, un jeune homme d’une quinzaine d’année est tué et dévoré près de Cheylard-L’Évêque alors qu’il gardait les vaches.</h3><p><img decoding="async" class="alignnone wp-image-11223" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-3-300x152.jpg" alt="LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie). La bête du Gévaudan, gravure à l’eau-forte." width="647" height="328" /></p><p>La bête du Gévaudan, gravure à l’eau-forte. (Wikimedia Commons).</p><h3>Quelques jours plus, une femme de trente-cinq ans est attaquée à 7 heures du soir, chez elle. On retrouve son corps à moitié dévoré dans son jardin.</h3><h3>Le 16 septembre, la Bête s’en prend à un garçon de douze ans au hameau de Choisinets.</h3><h3>La Bête est toujours décrite comme étant plus grosse qu’un loup, de couleur rousse avec une bande noire sur le dos. Une grosse tête, un museau allongé, une gueule énorme, de fortes pattes et de longues griffes. S’y ajoutent l’audace d’attaquer les gens jusque dans les villages et une agressivité hors du commun.</h3><h3>LES AUTORITÉS RÉAGISSENT</h3><h3>Pour tenter de capturer la Bête, Étienne Lafont, syndic du diocèse de Mende basé à Marvejols, envoie des chasseurs dirigés par le sieur Mercier pour participer aux battues. Cependant, il réalise rapidement que ces opérations sont insuffisantes pour arrêter l’animal. Il en informe alors Monsieur de Saint-Priest, l’intendant du Languedoc, ainsi que Jean-Baptiste de Marin, le comte de Moncan, lieutenant général du roi et commandant militaire du Languedoc.</h3><h3>Dans un contexte marqué par une série d’attaques meurtrières qui suscitent une grande inquiétude dans la région, le comte de Moncan ordonne aux autorités locales et militaires de collaborer pour éliminer la mystérieuse Bête qui terrorise la région du Vivarais, du Gévaudan, du Velay et des Cévennes. Parmi eux, le capitaine Duhamel qui est à la tête d’une petite troupe de dragons du régiment de volontaires étrangers de Clermont Prince. Ce détachement léger, composé de 39 hommes à pied et 17 à cheval armés de sabres et de carabines, est apte à évoluer dans les terrains difficiles du Gévaudan. Leur mission est de traquer la Bête, qui depuis l’automne 1764 commence à faire parler d’elle, semant la terreur parmi les habitants dans la région.</h3><h3>À partir du 15 septembre, le capitaine Duhamel entre en campagne avec ses dragons. Les nobles du pays, le comte de Morangiès, M. de la Chaumette et le marquis d’Apcher renforcent les troupes de Duhamel avec leurs propres gardes-chasses, leurs chiens et leurs piqueurs. Des centaines de paysans servent de guides et de rabatteurs.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11224" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-4-228x300.jpg" alt="Tableau représentant le marquis Jean-Joseph d'Apchier." width="362" height="476" /></p><p>Tableau représentant le marquis Jean-Joseph d&rsquo;Apchier. (Wikimedia Commons).</p><h3>LA BETE TUE INLASSABLEMENT</h3><h3>Entre le 10 et le 20 septembre, la Bête tue deux personnes et en blesse plusieurs autres.</h3><h3>Le 26 septembre au hameau des Thors, Magdeleine Mauras, une bergère de douze ans est égorgée et dévorée par la Bête.</h3><h3>Le mode opératoire se répète inlassablement : attaque le soir, victime saisie à la gorge, la plupart sont des enfants, souvent de sexe féminin.</h3><h3>Le 28 septembre, une petite fille de douze ans est tuée à Rieutort-de-Randon. La victime est retrouvée le ventre ouvert et la peau du crâne arrachée.</h3><h3>LA BÊTE EST BLESSÉE</h3><h3>Cependant les attaques de la Bête continuent en octobre 1764, avec la mort d’une jeune femme de vingt ans à Apcher le 7 octobre, puis d’un garçon vacher près de La Fage-Montivernoux, ainsi qu’une femme, Marie Solinhac, le 11 octobre aux Hermeaux. La Bête est vue à plusieurs reprises, blessée par deux chasseurs lors d’une attaque, trois coups de fusil sont tirés, mais la bête parvient à s’enfuir en boîtant.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11225" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-5-300x227.jpg" alt="LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie). La Bête du Gévaudan. Gravure composée vers 1764, conservée dans le recueil Magné de Marolles (BNF) et reproduite dans l'ouvrage de l'abbé François Fabre, La Bête du Gévaudan (Paris, Librairie Floury, 1930)." width="648" height="490" /></p><p>La Bête du Gévaudan. Gravure composée vers 1764, conservée dans le recueil Magné de Marolles (BNF) et reproduite dans l&rsquo;ouvrage de l&rsquo;abbé François Fabre, La Bête du Gévaudan (Paris, Librairie Floury, 1930). (Wikimedia Commons).</p><h3>Ces attaques, qui se concentrent notamment dans la Margeride et l’Aubrac, provoquent une grande inquiétude auprès de la population. Les autorités organisent des battues, mais sans succès immédiat.</h3><h3>Le 15 octobre, la Bête tue un jeune garçon à Contendrès, le décapite et lui dévore les poumons.</h3><h3>Le 19 octobre, une jeune fille de vingt et un ans est retrouvée morte, le corps à moitié dévoré.</h3><h3>LA PRESSE S’EMPARE DE L’AFFAIRE</h3><h3>À partir de novembre 1764, la presse va s’emparer de l’affaire et la réputation de la fameuse Bête va bientôt s’étendre au-delà des frontières du royaume de France. D’abord le Courrier d&rsquo;Avignon ensuite La Gazette de France puis les gazettes internationales s&#8217;emparent de l&rsquo;affaire et, en quelques mois, publient en feuilleton des centaines d&rsquo;articles. Pendant ce temps le mystérieux animal continue ses attaques.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11226" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-6-155x300.jpg" alt="Figure de la bête farouche. Source : Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie." width="364" height="705" /></p><p>Figure de la bête farouche. Source : Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie.</p><h3>LA BÊTE DÉCAPITE SES VICTIMES</h3><h3>Notamment le cas de Marguerite Maligne, dix-neuf ans, va faire couler beaucoup d’encre dans les journaux à sensation de l’époque. Le corps est découvert en partie dévoré, mais c’est un autre élément qui retient l’attention. La jeune fille a été retrouvée décapitée. La presse de l’époque mentionne d’autres décapitations, celles des victimes d’Apcher et de Contendrès.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11227" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-7-300x209.jpg" alt="LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie). Représentation de la Bête furieuse que l'on suppose être une hyène.... Estampe coloriée, BnF, recueil Magné de Marolles, vers 1765." width="648" height="452" /></p><p>Représentation de la Bête furieuse que l&rsquo;on suppose être une hyène&#8230;. Estampe coloriée, BnF, recueil Magné de Marolles, vers 1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>Le fauve attaque également une veuve près du hameau de Buffeyrettes, lui arrache la tête, mange la poitrine et l’estomac de la victime. La tête n’est retrouvée que le lendemain, le crâne broyé et rongé jusqu’à l’os.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11228" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-8-300x219.jpg" alt="LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie). Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765." width="525" height="383" /></p><p>Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>En novembre 1764, Duhamel et ses hommes quittent Langogne pour Saint-Chély, leur chasse est retardée par la neige. Face à l’échec des premières tentatives, les autorités locales décident d’offrir une prime de 2 000 livres pour la capture ou la mort de la Bête. Malgré ces efforts, plusieurs autres victimes sont enregistrées en décembre, renforçant la pression pour éliminer un monstre qui surgit de nulle part, qui résiste aux balles et qui décapite ses victimes.</h3><h3>DESCRIPTION DU MYSTÉRIEUX ANIMAL</h3><h3>Le 15 décembre, une femme gardant son troupeau est attaquée près du village de Sistrières. Elle est tuée et dévorée à moitié. la Bête lui arrache également la tête qui sera retrouvée à cent mètres du corps.</h3><h3>Le 19 décembre près du hameau de Cayres, la Bête attaque une femme qui se défend avec l’énergie du désespoir avec une hache et blesse l’animal au museau. Elle livre un précieux témoignage en décrivant la mystérieuse créature.</h3><h3>Dans un rapport, Duhamel note la description suivante :</h3><blockquote><h3><em>Cet animal est de la taille d’une vache de trois ans, la gorge et le ventre blanc, le poil du corps rouge et pas plus long que celui d’un loup, une bande noire le long du dos dont le poil est fort long. La queue de la longueur de celle d’un cheval, fort touffue et rougeâtre, tirant un peu sur le noir. Les pattes très fortes, avec six griffes de la longueur d’un doigt, la tête noire, fort large, les yeux grands et étincelants et le museau de la longueur de celui d’un cochon, avec cette différence que le bout du museau baisse au lieu de se relever. La gueule extrêmement large (au moins d’un pied de la façon dont cette fille me la dépeint), les dents très longues, fort larges, pointues par le bout et distante d’un demi-pouce l’une de l’autre, les oreilles droites et pas plus longue que celle d’un loup.</em></h3></blockquote><h3>Cette description restera un témoignage important concernant l’aspect de la Bête.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11229" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-9-300x197.jpg" alt="LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie). Dessin de la bête du Gévaudan (1765). Lors des descriptions de la bête, le terme de hyène reviendra souvent" width="647" height="425" /></p><p>Dessin de la bête du Gévaudan (1765). Lors des descriptions de la bête, le terme de hyène reviendra souvent (Wikimedia Commons).</p><h3>Le soir même, l’animal tue une fillette de douze ans et emporte sa tête qu’on ne retrouvera jamais.</h3><h3>Au village de Prades, l’animal frappe à nouveau, elle tire une jeune fille dans un fourré pour la dévorer.</h3><h3>Cette fin d’année est particulièrement éprouvante pour les protagonistes du drame. Le 24, un petit garçon est dévoré à Chaulhac.</h3><h3>Le 27, la Bête entre dans une véritable folie meurtrière. Toujours à Chaulhac, elle attaque un jeune homme qui se défend vaillamment et repousse l’animal. Elle agresse ensuite un jeune garçon à Saint-Priva-du-Fau qui survit grâce à l’intervention des voisins. Dans l’après-midi, la Bête tue et dévore une jeune fille de vingt ans à la ferme de Pradels, près de Saint-Chély-d’Apcher. Le soir de cette même journée, elle dévore une autre jeune fille de vingt ans au hameau de Boussefol.</h3><h3>Le 30, Martial Matthieu du hameau de Besset, est surpris par la Bête qui le terrasse et le dévore.</h3><blockquote><h3><em>Beaucoup affirment l’avoir tirée plusieurs fois sans parvenir à la blesser, les balles glissent sur sa peau comme sur une épaisse cuirasse. Ceci fait croire à certains que la bête est un loup-garou ou un démon qui charme les armes à feu.</em></h3></blockquote><h3>Les superstitions remontent à la surface et le surnaturel prend le dessus. On parle de démon ou de Loup-garou. L’Église se doit de réagir.</h3><h3>LE FLÉAU DE DIEU</h3><h3>Ce qui est fait le 31 décembre 1764. L’évêque de Mende lance un appel aux prières et à la pénitence pour tenter de stopper les attaques de la Bête. Cet appel, connu sous le nom de « mandement de l’évêque de Mende », doit être proclamé par tous les prêtres du diocèse auprès de leurs fidèles.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11230" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-10-232x300.jpg" alt="Mandement de Monseigneur l'évêque de Mende pour ordonner des prières publiques à l'occasion de l'Animal Anthropophage qui désole le Gévaudan." width="367" height="475" /></p><p>Mandement de Monseigneur l&rsquo;évêque de Mende pour ordonner des prières publiques à l&rsquo;occasion de l&rsquo;Animal Anthropophage qui désole le Gévaudan. (Wikimedia Commons).</p><h3>Dans ce message, l’évêque considère la Bête comme un fléau envoyé par Dieu pour punir l’humanité de ses péchés. Il cite saint Augustin, la Bible ou encore les menaces divines, notamment celles prodiguées par Moïse, pour souligner le besoin de justice divine et la gravité de la situation. À la fin de ce mandement, des prières de quarante heures sont organisées, réparties sur trois dimanches consécutifs, dans l’espoir d’obtenir la clémence divine. Malgré ces supplications, les attaques de la Bête ne diminuent pas, et les massacres continuent.</h3><h3>Le 11 février 1765, une fillette d’environ douze ans, partiellement dévorée, est enterrée dans la paroisse du Malzieu. Elle a été victime d’une attaque par la Bête, qui sévit dans la région depuis près de trois mois. Par ailleurs, en janvier et février 1765, les tentatives de chasse menées par Duhamel se soldent par des échecs. Les habitants se plaignent également de ses soldats, qu’ils accusent de ne pas payer leur logement ni leur nourriture, tout en détruisant les récoltes.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11231" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-11-209x300.jpg" alt="Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré, évêque de Mende et comte de Gévaudan. Portrait conservé dans l'abbaye de Saint-Papoul." width="363" height="521" /></p><p>Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré, évêque de Mende et comte de Gévaudan. Portrait conservé dans l&rsquo;abbaye de Saint-Papoul. (Wikimedia Commons).</p><h3>On compte dix-huit morts fin décembre.</h3><h3>Le <em>Courrier d’Avignon</em> relate, semaine après semaine, les sanglantes attaques de la bête. Déformant et amplifiant le phénomène pour des articles à sensation.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11232" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-12-300x229.jpg" alt="LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie). Représentation de la Bête féroce nommée hiene.... Dix représentations des méfaits de la Bête encadrent la scène centrale qui dépeint la « Pucelle de Paulhac » perçant son agresseur de sa baïonnette. Estampe coloriée, BnF, recueil Magné de Marolles, vers 1765." width="648" height="495" /></p><p>Représentation de la Bête féroce nommée hiene&#8230;. Dix représentations des méfaits de la Bête encadrent la scène centrale qui dépeint la « Pucelle de Paulhac » perçant son agresseur de sa baïonnette. Estampe coloriée, BnF, recueil Magné de Marolles, vers 1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>L&rsquo;AFFAIRE S&rsquo;INTENSIFIE</h3><h3>1765</h3><h3>L’ANNÉE DE TOUS LES DANGERS</h3><h3>1765 : Plusieurs attaques sanglantes se succèdent, avec des victimes dans différentes localités du Gévaudan. Face à la menace, Les autorités locales lancent des expéditions pour capturer ou tuer la créature maléfique. Des battues sont organisées et de nombreux pièges tendus, sans succès.</h3><h3>Dès janvier, les attaques continuent.</h3><h3>Le 1<sup>er</sup> janvier un garçon de seize ans est surpris par la Bête qui l’égorge et le traîne dans un bois voisin. Cependant des hommes armés de fourches interviennent et font fuir l’animal.</h3><h3>Le lendemain l’animal égorge un garçon de quatorze ans, Jean Chateauneuf au Mazel de Grèves.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11233" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-13-300x189.jpg" alt="LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie). Gravure allemande représentant la Bête du Gévaudan (1762-1764)." width="645" height="406" /></p><p>Gravure allemande représentant la Bête du Gévaudan (1762-1764). (Wikimedia Commons).</p><h3>UN HOMME DES BOIS</h3><h3>Le dimanche 6 janvier, deux femmes du hameau des Escures se rendent au village de Fournels pour assister à la messe. En cours de route, un inconnu jugé inquiétant rejoint les deux femmes. L’homme mal vêtu, velu, aux longs cheveux noirs crasseux les suit puis disparaît brusquement. Le même jour, Delphine Gervais est égorgée et horriblement mutilée par la Bête qui prend la fuite. L’acte de sépulture précise : « dévorée par une bête féroce inconnue qu’on prétend être une hyène. »</h3><h3>Aux légendes qui concernent la bête féroce, s’ajoutent celle d’un homme des bois, que l’on croit être un loup-garou. Lorsque cet étranger apparaît, la bête n’est jamais loin et tue des malheureux.</h3><h3>Certains témoins affirment avoir vu la Bête marcher sur ses pattes arrières, notamment quand elle traverse un cours d’eau.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11234" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-14-300x228.jpg" alt="LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie). Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765." width="646" height="491" /></p><p>Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765. Source : gallica.bnf.fr</p><h3>Autre fantasme qui s’ajoute aux craintes des habitants, celui d’un animal exotique qui vient d’ailleurs, comme l’illustre l’emploi du nom de « hyène ».</h3><h3>Le même funeste jour, la Bête féroce égorge une jeune fille près du hameau de Morsange.</h3><h3>Le 9 janvier une petite fille est dévorée par la créature monstrueuse près du village de Nasbinals. Le 10, elle tue et dévore un garçon à Rieutort-Marchastel. Les Dragons du capitaine Duhamel font des battues pour retrouver l’animal, sans succès.</h3><h3>LES ENFANTS SE DÉFENDENT</h3><h3>Le 12 janvier, la Bête attaque un groupe de sept enfants dans le village du Villaret, sur la paroisse de Chanaleilles (Haute-Loire). Les jeunes bergers, âgés de huit à douze ans, font preuve d’un grand courage lors de cette confrontation. Depuis l’apparition de la Bête, il est conseillé de ne pas laisser les enfants garder seuls le bétail, et les troupeaux sont souvent regroupés pour assurer leur sécurité. Au Villaret, les enfants se rassemblent pour se défendre contre l’animal, qui tourne autour d’eux. La Bête mord la joue d’un jeune garçon, puis tente d’attraper un autre enfant, Jean Veyrier, en le saisissant au bras. Un camarade, Jacques André Portefaix et d’autres enfants tentent de sauver leur compagnon. Ils réussissent à faire lâcher prise à la Bête en la frappant aux yeux avec des bâtons équipés de lames, et la maintiennent à distance. Alertés par leurs cris, des hommes arrivent et la Bête s’enfuit dans un bois voisin. Ce combat héroïque est relaté par Monsieur de Saint-Priest au conseiller du roi. En récompense de son courage, le roi offre à Jacques Portefaix la possibilité de financer son éducation, il deviendra officier dans le corps royal de l’artillerie coloniale.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11235" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-15-300x204.jpg" alt="LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie). Illustration du combat de Jacques Portefaix et ses compagnons contre la Bête. L'un des enfants tient sa joue, en partie arrachée par l'animal. Paris, BnF, 1765." width="646" height="440" /></p><p>Illustration du combat de Jacques Portefaix et ses compagnons contre la Bête. L&rsquo;un des enfants tient sa joue, en partie arrachée par l&rsquo;animal. Paris, BnF, 1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>À court d’idée, les Dragons du capitaine Duhamel se déguisent en filles avec l’espoir de tromper le Bête. Les attaquent continuent et l&rsquo;animal tue encore une dizaine de fois.</h3><h3>LES GRANDE BATTUES</h3><h3>Le bruit court que les Dragons de Duhamel vont bientôt être remplacés par des chasseurs de loup venant de Normandie.  Car les plaintes contre les dragons s’accumulent, ils se comporte en pays conquis, sans payer leur hébergement et leur nourriture. C’est pourquoi Duhamel ordonne le 7 février une gigantesque battue avec vingt mille paysans et plusieurs milliers de chasseurs. Sans succès, la Bête décidément insaisissable s’échappe encore.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11236" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-16-300x268.jpg" alt="LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1ère partie). Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765." width="460" height="411" /></p><p>Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>Le 9, la Bête tue une jeune fille de quatorze ans, lui dévore la poitrine et la décapite. La tête de la jeune fille sera retrouvée à moitié rongée de l’autre côté d’un ruisseau près de la grand-route menant au Malzieu.</h3><h3>Le 10 février a lieu une battue restreinte qui rassemble deux mille hommes. Sans succès notable.</h3><h3>Le 11 février se sont près de quarante mille hommes qui participent à une gigantesque battue qui se déploie sur près de deux mille kilomètres carrés. La Bête reste introuvable.</h3><h3>LA LISTE DES VICTIMES S’ALLONGE</h3><h3>Le 16 février, le Bête attaque un berger en Auvergne, près de La Chapelle-Laurent. Le lendemain dans la même paroisse, elle bondit sur une vieille femme qui se rend à la messe,  celle-ci est sauvée in extrémis par des hommes et leurs chiens. Le même jour, toujours dans le même secteur, la Bête tue un petit garçon et le dévore en partie.</h3><h3>Le 22, elle surgit dans le village de Javols et attaque deux enfants qui puisent de l’eau à la fontaine. La Bête s’enfuit devant des hommes armés de fourches qui viennent en aide aux enfants.</h3><h3>Le 24 février, une jeune fille de dix-huit ans est blessée au hameau de La Molle. Elle aussi est secourue à temps. Un enfant de Pénaveyre a moins de chance, il est attaqué tout près du village. On retrouvera son corps en partie dévoré.</h3><h3>Le 28, le Bête attaque deux femmes, qui seront secourues à temps. Le même jour l’animal tue une petite fille de huit ans dans le village de Chabrier. Le cadavre retrouvé dans un pré, est presque entièrement dévoré.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11237" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-17-300x205.jpg" alt="La bête de Gevaudan : estampe, 1764." width="645" height="441" /></p><p>La bête de Gevaudan : estampe, 1764. (Wikimedia Commons).</p><h3>LES TUEURS DE LOUP ARRIVENT</h3><h3>En février 1765, le louvetier normand Jean-Charles-Marc-Antoine Vaumesle d’Enneval, réputé pour avoir abattu plus de 3 000 loups, est envoyé en Gévaudan pour chasser la Bête. Il arrive le 17 février dans la région avec son fils, est présenté à l’intendant d’Auvergne, puis se rend dans plusieurs localités. Notamment à La Chapelle-Laurent le 18, lieu de plusieurs attaques mortelles les jours précédents et à Saint-Flour, avant de s’installer en Gévaudan au début mars à Saint-Chély-d’Apcher.</h3><h3>Le 1<sup>er </sup>mars, la Bête attaque à nouveau, cette fois-ci, une petite fille dans le village de Fau-de-Brion. Secourue à temps, elle meurt tout de même des blessures infligées par l’animal.</h3><h3>Le 4 mars, la Bête tue et dévore une femme de quarante ans au hameau d’Ally, dans le nord de la Margeride.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11238" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-18-220x300.jpg" alt="La Bête de Gévaudan, 18e siècle." width="363" height="495" /></p><p>La Bête de Gévaudan, 18<sup>e </sup>siècle. (Wikimedia Commons).</p><h3>Le 9 mars, une femme de vingt-cinq ans est attaquée et tuée au Ligonès. La veille une autre victime, une fillette de dix ans, est signalée près d’Albaret-le-Comtal.</h3><h3>Nouvelle attaque le 11 mars, une fillette, Marie Pougnet, âgée de cinq ans est dévorée par le cruel animal.</h3><h3>UNE MÈRE HÉROÏQUE</h3><h3>Le 14 mars 1765, un acte héroïque se produit : une mère de famille dénommée Jeanne Jouve, trente-six ans, est attaquée avec trois de ses enfants dans le village de La Bessière. Alors qu’elle se trouve devant sa maison, la Bête s’en prend d’abord à l’ainée des enfants, une fillette de dix ans. La mère tente d’arracher son enfant des crocs de l’animal intrépide. Ensuite la Bête saisit la plus jeune, un bébé de 14 mois. Jeanne Jouve se jette sur la Bête pour la faire lâcher prise, mais celle-ci revient à l’attaque, saisissant un autre enfant, Jean-Pierre, de 6 ans. Jeanne se bat avec courage, étant griffée et mordue, elle finit par faire fuir le féroce animal. Malheureusement, Jean-Pierre grièvement blessé au visage meurt cinq jours plus tard de ses blessures. Le récit du combat héroïque de Jeanne Jouve parvient jusqu’au roi qui accorde à cette mère courageuse une récompense de trois cents livres.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11239" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-19-300x201.jpg" alt="Le 14 mars 1765, Jeanne Jouve tente d'arracher son enfant des crocs de la Bête. Représentation de l'époque romantique, fort postérieure aux faits[51]. Gravure de François Grenier de Saint-Martin, Journal des chasseurs, octobre 1839 - septembre 1840." width="643" height="431" /></p><p>Le 14 mars 1765, Jeanne Jouve tente d&rsquo;arracher son enfant des crocs de la Bête. Représentation de l&rsquo;époque romantique, fort postérieure aux faits[51]. Gravure de François Grenier de Saint-Martin, Journal des chasseurs, octobre 1839 &#8211; septembre 1840. (Wikimedia Commons).</p><h3>Jusqu’au 29 mars le Bête tue encore par trois fois.</h3><h3>RIVALITÉS ENTRE CHASSEURS</h3><h3>Dès leur arrivée en Gévaudan, les d’Enneval revendiquent l’exclusivité des chasses et cherchent à faire renvoyer le capitaine Duhamel, ce qui devient une réalité en avril. La première chasse organisée par eux, ce même mois, échoue. Impossible de capturer cette Bête qui sort de l’ordinaire. La nouvelle de ces échecs successifs se répand rapidement en France et en Europe, et bientôt la presse tourne en dérision l’incapacité du pouvoir royal à arrêter l’animal.</h3><h3>Le 29 mars, le fauve tue un enfant de neuf ans, François Fontange, au Cheylaret. Le corps est retrouvé, le poumon et le cœur mangé ainsi que la tête qui est toute rongée.</h3><h3>LA BÊTE EST BLESSÉE PLUSIEURS FOIS</h3><h3>Début avril, la Bête dévore un enfant de dix ans près de Saint-Alban, après l’avoir traîné sur plusieurs centaines de mètres jusque dans un bois. Le frère de la victime s’est défendu avec une baïonnette, blessant semble-t-il l’animal.</h3><h3>Le 5 avril, le fauve attaque trois bergers. L’un des trois enfants lui-même blessé par l’animal affirme « que la bête avait le ventre ouvert par quelque blessure ».</h3><h3>Le 7, Gabrielle Pélissier, une jeune fille de dix-sept ans est tuée par la Bête. Cette dernière lui ouvre le ventre et lui dévore les viscères. Lorsque les parents retrouvent le corps, la tête de la pauvre fille se détache du tronc.</h3><h3>LE CARNAGE CONTINUE</h3><h3>Le 18 avril, Martial Charrade, un jeune vacher, est tué par la Bête qui lui dévore le visage.</h3><h3>Le 29 avril, dans le village d’Auvers, une petite fille de douze ans est égorgée devant la porte de sa maison.</h3><h3>Le 1<sup>er</sup> mai, la Bête est repérée près du bois de la Rechauve, où elle tente d’attaquer un jeune berger. Un homme, le sieur Marlet de la Chamette et ses deux frères, tirent sur la Bête par deux fois, la blessant au cou, mais elle parvient encore à s’échapper.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11240" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-20-300x226.jpg" alt="Représentation de la Bête féroce nommée hiène. Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles,1765." width="648" height="488" /></p><p>Représentation de la Bête féroce nommée hiène. Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles,1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>Le fils d’Enneval arrive le lendemain pour suivre les traces, mais la Bête reste insaisissable. Le soir, une femme de cinquante ans qui garde un troupeau est victime de l’animal. Elle est retrouvée près du village la gorge ouverte et une joue mangée.</h3><h3>Les critiques envers les d’Enneval s’intensifient : le marquis Pierre-Charles de Morangiès dénonce leur incompétence et leur arrogance dans des lettres adressées à Étienne Lafont.</h3><h3>Le 3 mai à Nozeyrolles, la Bête égorge une jeune fille de dix-sept ans qui sera retrouvée dévorée. Quelques heures plus tard, le fauve tue une fillete de treize ans près du hameau de Besset.</h3><h3>Le 4, à Chanteloube, paroisse de Nozeyrolles, la Bête égorge une fille de quatorze ans. Le 5, un enfant est tué près d’Auvers.</h3><h3>Le 6, les d’Enneval père et fils organisent une grande battue avec moult chiens, piqueurs, chasseurs et paysans. Plusieurs loups sont tués, mais nulle trace de la Bête…</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11241" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-21-300x224.jpg" alt="Portrait de la Hiène, Bête féroce qui désole Gévaudan, vuëe par Mr Duhamel Officier des Dragons Volontaires de Clermont, détaché à la poursuite de cet animal dangereux. Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765." width="646" height="483" /></p><p>Portrait de la Hiène, Bête féroce qui désole Gévaudan, vuëe par Mr Duhamel Officier des Dragons Volontaires de Clermont, détaché à la poursuite de cet animal dangereux. Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>Les jours suivants, la bête attaque plusieurs fois, faisant un mort et plusieurs blessés.</h3><h3>Le 19 mai, la Bête tue une femme de quarante-cinq ans du hameau de Venteuges alors qu’elle garde un troupeau de moutons. La tête et le bras de la femme ont été arrachés et sa poitrine dévorée. D’Enneval fait empoisonner le cadavre et ordonne que des tireurs s’embusquent autour toute la nuit. Le 23 mai, lors d’une grande battue, on retrouve la tête complètement rongée de la femme tuée quatre jours plus tôt.</h3><h3>UNE JOURNÉE DRAMATIQUE</h3><h3>Le même jour se tient au Malzieu une grande foire, les paysans des alentours amènent très tôt le matin les bestiaux qu’ils veulent vendre. Ce jour de fête s’avérera l’un des plus meurtriers. Dès 8h une jeune fille de vingt ans, Marguerite Martin, qui garde les vaches du coté de Julianges est attaquée par le Bête. Ayant entendus les cris de la jeune fille, deux bouviers viennent à son secours et chassent difficilement l’animal qui ne veut pas abandonner sa proie. Finalement, ils parviennent à délivrer Marguerite des crocs de la Bête, mais il est déjà trop tard, la jeune fille décèdera trois jours plus tard des graves blessures infligées par l’animal.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11242" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-22-300x257.jpg" alt="Détail d'une gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765." width="523" height="448" /></p><p>Détail d&rsquo;une gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>Toujours affamée, la Bête se jette un peu plus loin sur un garçon de onze ans, dans le village d’Amourettes. Là aussi des villageois parviennent à faire lâcher prise au monstre. En fin de matinée près de Julianges, Marie Valès, treize ans, garde le bétail en compagnie d’un garçon de quinze ans. La Bête attaque la jeune fille, l’égorge et commence aussitôt à la dévorer, le garçon s’est enfuit pour chercher du secours. Les villageois se précipite sur les lieux du drame et retrouvent le corps de la pauvre fille. Une partie du tronc et des cuisses a été mangée. On empoisonne le cadavre et on le laisse exposé durant quatre jours Sans succès, la Bête ne reviendra pas. Dans l’après-midi, près du village de Marcillac, Marguerite Bony, dix-huit ans, garde le bétail. La Bête attaque par surprise et terrasse la jeune fille qui essaie de se défendre. Un garçon de seize ans qui a été témoin de l’attaque se porte à son secours, armé d’une pique. Il parvient, non sans mal, à faire fuir l’animal. En fin d’après-midi, la Bête attaque une femme âgée qui garde une jument sur un pré près du village de Saint-Privat-du-Fau. Prise à la gorge, la femme ne doit son salut que grâce à l’intervention de quatre hommes qui font fuir l’animal.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11243" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-23-300x214.jpg" alt="Représentation de la Bête du Gévaudan publiée dans la revue suisse Le Messager boiteux fr 1765." width="657" height="469" /></p><p>Représentation de la Bête du Gévaudan publiée dans la revue suisse Le Messager boiteux fr 1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>Après chaque attaque les d’Enneval font des battues dans les bois voisins. Font empoisonner le cadavre avec des tireurs embusqués à proximité. Rien n’y fait, la Bête continue le carnage.</h3><h3>TERREUR SUR LE GÉVAUDAN</h3><h3>Le 1<sup>er </sup>juin 1765, près de Nozeyrolles, la Bête se jette sur un garçon de dix ans et l’égorge. Sa petite sœur qui assiste à la scène s’enfuie terrifiée et se cache entre des rochers. Le corps de l’ainée est retrouvé dans l’après-midi en partie dévoré. La fillette reste introuvable et les malheureux parents sont persuadés qu’elle a subi le même sort.</h3><h3>On ne la retrouvera que trois jours plus tard, prostrée entre les rochers, tellement choquée qu’elle ne retrouvera plus jamais la raison.</h3><h3>Toujours le 1<sup>er </sup>juin, la Bête tue une seconde fois près du même village. Jeanne Hugon, une petite fille de onze ans est égorgée alors qu’elle garde les bestiaux.</h3><h3>Le 5 du même mois, la Bête attaque un homme de quarante ans, Jean-Pierre Tuilhe qui se défend vaillamment. On vient à son secours et ce n’est qu’alors que l’animal se retire, non sans avoir arraché une partie de la jambe gauche du malheureux.</h3><h3>Dans la nuit du 10 au 11, un berger de Pinols se réveille et entend des bruits suspects près de son troupeau. Il sort de sa cabane et voit « un animal rougeâtre, fait comme un chien, mais de la taille d’un loup » au milieu de ses brebis. Il saisit un gourdin pour faire fuir l’intrus. Cependant la Bête n’a pas peur, mais se fait menaçante en montrant ses crocs. Elle bondit sur l’homme et le mords cruellement, celui-ci parvient à se relever et essaie de frapper son adversaire. La Bête revient à la charge et renverse l’homme en essayant de lui mordre la gorge. Heureusement, les chiens du berger viennent à son secours et assaillent la Bête qui fait face avec rage. Devant le surnombre elle finit par se retirer.</h3><h3>Informé de cette attaque d’Enneval organise le 12 juin une grande battue. Sans succès.</h3><h3>Le même jour, la Bête attaque une femme et sa fille qui se défendent avec leurs baïonnettes.</h3><h3>LE VIF MÉCONTENTEMENT DU ROI</h3><h3>Le comte de Morangiès écrit une seconde lettre à Étienne Laffont pour encore une fois se plaindre de l’inefficacité des louvetiers.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11244" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-24-271x300.png" alt="Jean-François-Charles de Molette, Comte de Morangiès (1728-1801)." width="362" height="401" /></p><p>Jean-François-Charles de Molette, Comte de Morangiès (1728-1801). Source : geneanet.org</p><h3>Les plaintes contre d’Enneval remontent jusqu’au roi. À la lecture du bilan des ravages de la Bête du Gévaudan établis sur toute l’année 1765 : 122 attaques, 66 morts, 40 blessés, le roi fait part à ses ministres de son vif mécontentement. Sa Majesté en a plus qu’assez de cette sombre histoire qui n’en finit pas. La presse nationale et étrangère colporte les histoires d’une bête mystérieuse, réputée invulnérable, qui dévore les habitants d’une lointaine province. À travers toute la France et même au-delà des frontières du royaume, on jase sur l’incapacité du pouvoir de régler le problème et de débarrasser le Gévaudan de cette bête sanguinaire.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11245" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-25-183x300.jpg" alt="Avant la bête. L'heureux commencement du règne de Louis XV, Roy de France et de Navarre par la régence de S. A. R. Monseigneur le duc d'Orléans et l'établissement des Conseils. Estampe du XVIIIe siècle." width="366" height="600" /></p><p>Avant la bête. L&rsquo;heureux commencement du règne de Louis XV, Roy de France et de Navarre par la régence de S. A. R. Monseigneur le duc d&rsquo;Orléans et l&rsquo;établissement des Conseils. Estampe du XVIIIe siècle. (Wikimedia Commons).</p><h3>LE PORTE-ARQUEBUSE DU ROI</h3><h3>Devant l’ampleur prise par les événements, Louis XV envoie son porte-arquebuse et lieutenant des chasses du roi, François Antoine, dit Antoine de Beauterne, le meilleur fusil du royaume, avec pour mission de traquer la bête et de la tuer pour de bon. Il est accompagné de son fils cadet, de huit capitaines de la garde royale, de six gardes-chasses et de quatre chiens de la louveterie royale.</h3><h3>Le 20 juin, la Bête tue un enfant de huit ans au sud-ouest du Mont Chauvet. Le corps ne sera jamais retrouvé.</h3><h3>Le 21 juin, la Bête entre dans une vraie frénésie meurtrière, le matin, elle tue un garçon de quatorze ans au hameau de Pépinet. Le corps sera retrouvé avec une cuisse et la poitrine mangée. La tête de la victime, tranchée « comme l’aurait fait un couteau de boucher », ne sera jamais retrouvée. La même matinée, près de Sauzet, la Bête tue une jeune fille de quinze ans, elle aussi sera retrouvée, dans les bois, dévorée. Un peu plus tard dans la même paroisse, une femme de quarante-cinq ans est retrouvée, tuée, la tête tranchée net et emportée, de même qu’un bras. Dans l’après-midi, l’animal attaque une petite fille de dix ans qui garde les troupeaux au hameau de La Pause et l’entraîne dans les bois. Son grand frère armé d’une hallebarde se précipite à son secours. La Bête dérangée se retourne contre le garçon, mais celui-ci peut lui porter un coup de lame à la gorge, l’animal recule puis s’éloigne. Le soir, le Bête attaque une fille de douze ans qui garde les vaches à Tomberis. Comme précédemment, un garçon vient à son secours et parvient à enfoncer sa baïonnette dans le gueule du fauve qui finalement s’enfuit.</h3><h3>Le 22 juin, Antoine de Beauterne arrive au Malzieu accompagné de ses meilleurs chiens et de son équipe de gardes. Cette opération mobilise de nombreux chasseurs et gardes royaux, dans l’espoir de mettre fin à la terreur qui sévit depuis 1764.</h3><h3>Antoine de Beauterne et ses hommes se joignent aux d&rsquo;Enneval lors de différentes chasses qui resteront sans succès.</h3><h3>Les histoires de sorciers et de loups-garous qui courent dans les villages ne l’intéressent pas. Pour Antoine, la Bête n’est qu’un grand loup, c&rsquo;est ce qu’il affirme dans ses correspondances, en précisant que les traces trouvées ressemblent à celles d’un loup. Cependant le comportement de la Bête ne correspond guère à celui du loup. S’il ne parvient pas à capturer l’animal, il le met sur le compte des difficultés du terrain, et demande des renforts en chiens. Il reçoit également l’aide du comte de Tournon, un noble d’Auvergne.</h3><h3>Depuis l’arrivée du porte-arquebuse du roi, la Bête marque un temps d’arrêt.</h3><h3>Les d’Enneval quittent la région le 18 juillet sur ordre du roi.</h3><h3>LA PUCELLE DU GÉVAUDAN</h3><h3>Le 11 août, Antoine de Beauterne organise une grande battue. Ce jour-là, Marie-Jeanne Vallet, une jeune femme d’environ 20 ans, se distingue. Servante du curé de Paulhac, elle tente de traverser une rivière avec d’autres paysannes lorsque la Bête surgit. Elle recule, mais la Bête se jette sur elle. Marie-Jeanne parvient à lui planter sa lance dans le poitrail, ce qui fait tomber la Bête dans la rivière, où elle disparaît dans le bois. L’histoire de cet acte courageux se répand rapidement, et Antoine se rend sur place. Il constate que la lance est couverte de sang et que les traces laissées correspondent à celles de la Bête. Dans une lettre au ministre, il surnomme Marie-Jeanne « la Pucelle du Gévaudan », en référence à Jeanne d’Arc, en hommage à son courage.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11246" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-26-201x300.jpg" alt="Le combat de Marie-Jeanne Vallet, dite la « Pucelle du Gévaudan », contre la bête. Sculpture de Philippe Kaeppelin, Auvers (Haute-Loire)." width="365" height="545" /></p><p>Le combat de Marie-Jeanne Vallet, dite la « Pucelle du Gévaudan », contre la bête. Sculpture de Philippe Kaeppelin, Auvers (Haute-Loire). Source : margeride-en-gevaudan.com</p><h3>LES CHASTEL EMPRISONNÉS</h3><h3>Le 16 août 1765, lors d’une chasse dans le bois de Montchauvet, un événement lié à la famille Chastel se produit. Jean Chastel, futur tueur de la Bête, accompagné de ses deux fils, Pierre et Jean-Antoine, participe à la battue. Deux gardes-chasses, Pélissier et Lachenay, passant à cheval près de trois hommes, dont ils demandent l’avis pour s’assurer qu’il n&rsquo;y a pas de marécages dans les environs Ils identifient ces hommes comme étant « Chastel le père, et ses deux fils ». Pélissier, rassuré, s’engage dans le couloir herbeux, mais son cheval s’embourbe, et il est désarçonné. Avec l’aide de Lachenay, il parvient à sortir du bourbier, mais la scène amuse folement les Chastel. Pélissier, furieux, menace de conduire le plus jeune des fils Chastel en prison pour cet outrage. En réponse, le père et l’aîné des fils le mettent en joue avec leurs mousquets. Lachenay tente de désarmer le père, mais se retrouve lui aussi menacé par les armes. Les gardes partent faire leur rapport à leur commandant. Sur la base de ce rapport, Antoine de Beauterne fait arrêter les Chastel puis en les mettant en prison à Saugues, dénonçant leur comportement audacieux et dangereux, et soulignant qu’ils auraient pu être tués dans cette altercation par ses gardes-chasses. Enfin, il est ordonné aux juges et aux autorités de la ville de ne laisser sortir les Chastel que quatre jours après le départ de Beauterne et de ses hommes, par crainte de représailles.</h3><h3>UNE PREMIÈRE BÊTE EST TUÉE</h3><h3>Le 29 août 1765, lors d’une battue dans le Bois Noir, Rinchard, garde-chasse du duc d’Orléans, tire sur un animal qui guettait de jeunes vachers. Bien que touché, l’animal parvient à s’enfuir. Deux jours plus tard, un paysan retrouve la carcasse à près de dix kilomètres et la rapporte à Saint-Flour pour obtenir une récompense. La carcasse est découpée et jetée dans la rivière, puis certains restes sont montrés dans plusieurs villages. Apprenant cela, Antoine de Beauterne envoie son fils et deux autres gardes-chasse pour récupérer des morceaux de l’animal. Plusieurs parties sont ramenées au château du Besset, où Antoine dirige ses chasses. L’animal, présenté devant les chasseurs, possède des caractéristiques mêlant celles du loup et du chien, mais sa couleur et sa silhouette, notamment une raie noire sur le dos, correspondent à la description faite par de nombreux témoins de la Bête. Les chasseurs reconnaissent des détails précis : une balle, une empreinte usée d’un pied blessé, un pied rond comme celui d’un mâtin, un poil court de couleur veau, une raie noire large d’un doigt, et une allure qui correspond à leur description de la Bête dévorante. Ils sont convaincus d’avoir capturé le monstre. Le Comte de Tournon, qui accompagne François Antoine, repart avec un symbole de victoire : une patte accrochée à son lampion. Cependant, dès le 2 septembre, une nouvelle attaque survient lorsqu’une jeune fille est attaquée à Desges, montrant que la menace persiste.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11247" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-27-300x195.jpg" alt="Représentation de la Bête féroce qui a fait de si cruels ravages.... Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765." width="644" height="418" /></p><p>Représentation de la Bête féroce qui a fait de si cruels ravages&#8230;. Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>LE LOUP DES CHAZES</h3><h3>Vers le 20 septembre 1765, Antoine de Beauterne apprend qu’un grand loup, peut-être la fameuse Bête, rôde près du bois des Dames de l’abbaye royale des Chazes, près de Saint-Julien-des-Chazes. Il organise une grande battue : des gardes-chasses et quarante tireurs venus de Langeac et des paroisses voisines encerclent le bois de Pommier.</h3><h3>François Antoine fait cerner le bois pour débusquer la Bête du Gévaudan.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11248" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-28-300x164.jpg" alt="Détail d'une gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765." width="648" height="354" /></p><p>Détail d&rsquo;une gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>Pendant que des valets de la louveterie du roi fouillent le secteur, Antoine de Beauterne repère l’animal à cinquante pas dans un sentier. Il tire, la bête tombe, mais se relève et se dirige vers lui. Son neveu, Rinchard, garde-chasse du duc d’Orléans, tire à son tour et atteint l’animal dans le dos. La Bête s’enfuit, mais tombe morte vingt-cinq pas plus loin.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11249" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-29-300x199.jpg" alt="François Antoine abat la Bête du Gévaudan. Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles,1765." width="655" height="434" /></p><p>François Antoine abat la Bête du Gévaudan. Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles,1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>Le cadavre est transporté au château du Besset, où il est immédiatement autopsié par le chirurgien Boulanger. Selon le procès-verbal, il s’agit d’un gros loup pesant 130 livres, confirmé par plusieurs témoins, dont Marie-Jeanne Vallet et sa sœur Thérèse, qui reconnaissent qu’il s’agit bien de la Bête qui les a attaquées. Presque aussitôt, le fils d&rsquo;Antoine de Beauterne, Robert-François-Marc Antoine de Beauterne, emporte l’animal à Versailles. À Saint-Flour, il le montre à Monsieur de Montluc, puis à Clermont-Ferrand, où l’intendant décide de faire peindre et naturaliser le loup. Arrivé à Versailles le 1er octobre, Antoine de Beauterne présente l’animal au comte de Saint-Florentin, puis il est exposé chez la reine Marie Leszczynska, où toute la cour peut l’admirer.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11250" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-30-300x212.jpg" alt="Représentation de la Bête du Gévaudan qui a fait tant de ravages dans ce pays et dans l'Auvergne, laquelle a été tuée le 20 septembre dernier par M. Antoine, chevalier de Saint Louis, seul porte-arquebuse de sa Majesté et présentée le 1er octobre au Roy et à la famille royale par M. Antoine de Beauterne fils." width="642" height="454" /></p><p>Représentation de la Bête du Gévaudan qui a fait tant de ravages dans ce pays et dans l&rsquo;Auvergne, laquelle a été tuée le 20 septembre dernier par M. Antoine, chevalier de Saint Louis, seul porte-arquebuse de sa Majesté et présentée le 1er octobre au Roy et à la famille royale par M. Antoine de Beauterne fils. Pour que cet animal se conserve dans son naturel, on l&rsquo;a disséqué, embaumé et attaché sur une planche tel qu&rsquo;il est ici représenté. À Paris, chez Mondhare, rue Saint-Jacques. Gravure extraite du recueil factice de pièces relatives à la bête du Gévaudan, formé par Gervais-François Magné de Marolles, 1765. (Wikimedia Commons).</p><h3>Pendant ce temps, Antoine de Beauterne et ses hommes poursuivent la chasse dans les bois proches de l’abbaye, où une louve et ses petits ont été signalés. Le dernier louveteau est tué le 19 octobre. Antoine de Beauterne et ses assistants quittent la région le 3 novembre. Officiellement, le porte-arquebuse du Roi, est reconnu comme ayant tué la Bête du Gévaudan. Cette victoire lui sera confirmée en 1770, lorsqu’il recevra un brevet lui permettant de porter dans ses armes un loup mourant, symbole de cette réussite.</h3><h3>L&rsquo;AFFAIRE CONTINUE</h3><h3>1766</h3><h3>L’ANNÉE DES FAUX ESPOIRS</h3><h3>En novembre 1765, aucune attaque n’est signalée, ce qui fait croire au peuple que François Antoine a tué le monstre. Une lettre du 26 novembre indique que « plus rien ne se rapporte à la Bête ».</h3><h3>LE RETOUR DE LA BÊTE</h3><h3>Cependant, rapidement, de nouvelles rumeurs évoquent des attaques vers Saugues et Lorcières. Jusqu’au début de 1766, ces incidents restent sporadiques, et il est difficile de savoir s’ils sont dus à la Bête ou à des loups. Une lettre du 1er janvier 1766 montre que Monsieur de Montluc pense que la Bête est toujours présente. L’intendant d’Auvergne en informe le roi, mais Louis XV refuse d’y croire, estimant que la Bête a été vaincue par le porte-arquebuse. Les journaux cessent alors de parler des attaques dans la région. Cependant en mars 1766, celles-ci reprennent en nombre. Confrontée à cette reprise inentendue, la région sombre dans le désespoir. Lors des États particuliers du Gévaudan à Marvejols, on propose d’empoisonner des cadavres de chiens pour attirer la Bête, qui semble avoir changé de territoire, se concentrant dans la région des Trois monts. Les mesures de chasse et d’appâtage échouent. La Bête continue ses attaques tout au long de l’année, adoptant un comportement plus prudent et moins agressif, comme le rapportent plusieurs correspondances, notamment celle du curé Ollier.</h3><h3>UN COUP D&rsquo;ARRÊT</h3><h3>1767</h3><h3>L’ANNÉE DE LA DÉLIVRANCE</h3><h3>JEAN CHASTEL TUE LA BÊTE</h3><h3>Au début de 1767, les attaques de la Bête connaissent une légère accalmie, mais elles reprennent au printemps. Deux pèlerinages importants, à Notre-Dame-d’Estours et à Notre-Dame-de-Beaulieu, rassemblent de nombreux fidèles qui prient la Vierge Marie pour délivrer le pays de la Bête. Le 17 juin, la Bête tue une jeune femme à Lesbinières, ce qui pousse le marquis d’Apcher à organiser une battue. Le 19 juin, Jean Chastel, un chasseur réputé, abat un animal de grande taille ressemblant à un loup, qu’il identifie comme étant la Bête. Selon une tradition orale rapportée plus tard, Chastel aurait prié la Vierge avant de tirer, mais cette anecdote est probablement une légende pour magnifier son rôle. Le 25 juin, une louve blessée, accompagnée de ses petits, est tuée, mettant fin aux attaques en Gévaudan. En septembre 1767, Jean Chastel reçoit une gratification officielle pour sa victoire, ainsi que d’autres récompenses financières. Après sa mort en mars 1789, son fils revendique une somme importante encore due, mais la crise financière de l’époque complique le recouvrement de cette dette.</h3><p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-11251" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2025/10/GEV-31-201x300.jpg" alt="Stèle érigée en juillet 1995 en l'honneur de Jean Chastel, au village de la Beyssière-Sainte-Marie. Sculpture de Philippe Kaeppelin." width="361" height="539" /></p><p>Stèle érigée en juillet 1995 en l&rsquo;honneur de Jean Chastel, au village de la Beyssière-Sainte-Marie. Sculpture de Philippe Kaeppelin. (Wikimedia Commons).</p><h3>1767 : La dernière Bête est finalement tuée lors d&rsquo;une chasse organisée par le marquis d&rsquo;Apcher, avec l&rsquo;aide de chasseurs locaux. La créature tuée est un grand loup, mais certains pensent qu&rsquo;il pourrait s&rsquo;agir d&rsquo;un animal exceptionnel ou d&rsquo;une autre créature.</h3><h3>Les attaques cessent après la mort de l&rsquo;animal, mais le mystère entourant la Bête du Gévaudan continue de fasciner&#8230;</h3><h3>(à suivre&#8230;)</h3><h3>Les différentes  hypothèses sur l&rsquo;identité de la mystérieuse bête.</h3><h3>©JPS2025</h3><h3><a href="https://www.kernunnoslecodesecret.com/">ACCUEIL</a></h3><h3>BIBLIOGRAPHIE :</h3><p>Michel Louis, <em>La bête du Gévaudan</em>, Éditions Perrin, 2003.</p><p>Jean-Marc Moriceau, <em>Histoire du méchant loup</em>, Librairie Arthème Fayard/Pluriel, 2016.</p><p>Geneviève Carbone, <em>La peur du loup</em>, Gallimard, 1994.</p><p>Pierric Guittaut, <em>La Dévoreuse</em>, Centre France Livres, De Borée, 2017.</p><p>Halna-Klein Élisabeth. <em>Sur les traces du lynx</em>. In: Médiévales, n°28, 1995. Le choix de la solitude. Parcours érémitiques dans les pays d&rsquo;Occident, sous la direction de Odile Redon . pp. 119-128.</p><h3>SOURCES :</h3><p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%AAte_du_G%C3%A9vaudan">Bête du Gévaudan — Wikipédia</a></p><p>LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie) LA BÊTE DU GÉVAUDAN (1<sup>ère</sup> partie)</p>								</div>
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		<title>PÉGASE</title>
		<link>https://www.kernunnoslecodesecret.com/pegase/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lugus1967]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Sep 2024 10:51:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MONSTRES ET MERVEILLES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>PÉGASE Cheval ailé divin, Pégase est l&#8217;une des créatures fantastiques les plus célèbres de la mythologie grecque. UN CHEVAL AILÉ Pégase dont le nom semble provenir de pègè « source » est l&#8217;une des animaux fantastiques les plus célèbres de la mythologie grecque. Pégase (en grec ancien Pḗgasos et en latin Pegasus) est un cheval [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1>PÉGASE</h1>
<h2>Cheval ailé divin, <strong>Pégase</strong> est l&rsquo;une des créatures fantastiques les plus célèbres de la mythologie grecque.</h2>
<h3>UN CHEVAL AILÉ</h3>
<h3>Pégase dont le nom semble provenir de <em>pègè</em> « source » est l&rsquo;une des animaux fantastiques les plus célèbres de la mythologie grecque. Pégase (en grec ancien Pḗgasos et en latin Pegasus) est un cheval ailé divin, aussi rapide que le vent. Animal lunaire, Pégase est blanc, de la couleur de l’astre avec des ailes dorées, ayant pour père Poséidon, Pégase naît avec son frère Chrysaor du sang de la Gorgone Méduse, lorsqu&rsquo;elle est décapitée par le héros Persée. Le mythe de Pégase connaît une large diffusion dans le monde antique Quand il frappait le sol de ses sabots, une fontaine en jaillissait, notamment la source Hippocrène du grec <em>hippos</em> (cheval) et <em>krene </em>(fontaine). Quiconque avait bu à l’une des fontaines trouvait l’inspiration poétique.</h3>
<h3>Le héros Bellérophon, descendant de la famille royale de Corinthe, réussit à capturer et dompter Pégase près de la fontaine de Pirène, grâce à des brides magiques offertes par la déesse Athéna.</h3>
<h3>Pégase permet au héros de le monter pour de vaincre la <strong>Chimère</strong>, créature fantastique dont le corps tenait pour moitié du lion et pour l&rsquo;autre moitié de la chèvre, et qui avait la queue d&rsquo;un serpent. La chimère, fille d’Échidna et de Typhon, vomissait des flammes et dévorait les êtres humains.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1824" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-1-300x300.jpg" alt="PÉGASE. La Chimère. Plat à figures rouges, Apulie, v. 350-340 av. J.-C." width="471" height="471" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-1-300x300.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-1-150x150.jpg 150w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-1.jpg 599w" sizes="(max-width: 471px) 100vw, 471px" /></p>
<p>La Chimère. Plat à figures rouges, Apulie, v. 350-340 av. J.-C. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Bellérophon tue la Chimère en volant au-dessus d’elle et en la criblant de flèches plombées. Dans une autre version il utilise une lance garnie de plomb, que le souffle ardent de la créature fait fondre et qui lui brûle les entrailles.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1825" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-2-300x227.jpg" alt="PÉGASE. Bellérophon, Pégase et la Chimère, intérieur d’une coupe (kylix) laconienne, env. 570 av. J.-C." width="654" height="495" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-2-300x227.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-2.jpg 622w" sizes="(max-width: 654px) 100vw, 654px" /></p>
<p>Bellérophon, Pégase et la Chimère, intérieur d’une coupe (kylix) laconienne, env. 570 av. J.-C., The J. Paul Getty Museum, Los Angeles (USA).</p>
<h3>Bellérophon est finalement victime de son orgueil, il entreprend de voler vers l’Olympe grâce à Pégase, s&rsquo;estimant digne de devenir immortel et de séjourner avec les dieux. Mais Zeus, furieux le foudroie et Bellophoron chute et meurt. Dans une autre version, il ne meurt pas, mais il erre par le monde, aveugle, boiteux et solitaire.</h3>
<h3>Seul le cheval ailé atteint la demeure des dieux. Zeus transforme Pégase en constellation et le place dans le ciel étoilé.</h3>
<h3>Cette constellation est d’abord nommée le Cheval et ce n’est que plus tard qu’elle reçoit le nom de Pégase<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>.</h3>
<h3>Selon Ératosthène, il s’agit de Hippè, la fille du centaure Chiron.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1826" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-3-e1727519463917-300x243.jpg" alt="Constellation de Pégase (l’image à été retournée) dans le Johannis Hevelii prodromus astronomiae (également connu sous le nom d'Uranographia) par Johannes Hévélius. 1690." width="659" height="534" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-3-e1727519463917-300x243.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-3-e1727519463917.jpg 578w" sizes="(max-width: 659px) 100vw, 659px" /></p>
<p>Constellation de Pégase (l’image à été retournée pour des raisons pratiques) dans le <em>Johannis Hevelii prodromus astronomiae</em> (également connu sous le nom d&rsquo;Uranographia) par Johannes Hévélius. 1690. Source : ciel-de-nuit.com</p>
<h3>Pégase a un secret puisque les parties postérieures de Hippè sont invisible, afin que l’on ne sache pas qu’elle est de sexe féminin.</h3>
<h3>LE CHEVAL AILÉ CHEZ LZ CELTES</h3>
<h3>Le cheval ailé n’est pas inconnu des Celtes puisqu’il apparaît sur une des plaques du chaudron de Gundestrup.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1827" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-4-300x240.jpg" alt="PÉGASE. Dieu tenant deux petits personnages dans ses mains. Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré." width="656" height="525" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-4-300x240.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-4-1024x821.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-4-768x615.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-4-1536x1231.jpg 1536w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-4.jpg 1656w" sizes="(max-width: 656px) 100vw, 656px" /></p>
<p>Chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré. (Nationalmuseet de Copenhague).</p>
<h3>Ce cheval ailé est représenté en compagnie de Cernunnos, le Maître des animaux qui tient un petit sanglier dans sa main. En face Orion dans la même posture facilement reconnaissable grâce à son fidèle chien. Il semble que ces images grecques et celtes remontent à un même répertoire d’images commun aux deux peuples.</h3>
<h3>©JPS2024</h3>
<h3>Image mise en avant :</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-1830" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-5-a-300x283.jpg" alt="" width="300" height="283" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-5-a-300x283.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/09/PEG-5-a.jpg 380w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Pégase volant à droite. Stater en argent Alyzeia (Acarnanie), vers -330 à -280. Source : © Classical Numismatic Group, Inc.</p>
<h3><a href="https://www.kernunnoslecodesecret.com/">ACCUEIL</a></h3>
<h3>NOTES:</h3>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Ératosthène, Le ciel, Mythes histoire des constallations, Nil Éditions, Paris, 1998 p.93.</p>
<p>Voir également : </p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9gase">Pégase — Wikipédia (wikipedia.org)</a></p>


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		<title>DRACULA</title>
		<link>https://www.kernunnoslecodesecret.com/dracula/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lugus1967]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Aug 2024 19:29:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MONSTRES ET MERVEILLES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>DRACULA DANS LA LITTÉRATURE ET LE CINÉMA C’est la figure et le nom d’un ancien et cruel chef de guerre roumain qui a inspiré Bram Stoker, l’auteur de Dracula, pour son personnage mythique. Pour en apprendre davantage, voir : VLAD III L&#8217;EMPALEUR BIOGRAPHIE Abraham « Bram » Stoker est né le 8 novembre 1847 à Clontarf, petit [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1>DRACULA DANS LA LITTÉRATURE ET LE CINÉMA</h1>
<h2>C’est la figure et le nom d’un ancien et cruel chef de guerre roumain qui a inspiré Bram Stoker, l’auteur de <em>Dracula</em>, pour son personnage mythique.</h2>
<h3>Pour en apprendre davantage, voir : <a href="https://www.kernunnoslecodesecret.com/vlad-iii-l-empaleur/">VLAD III L&rsquo;EMPALEUR</a></h3>
<h3>BIOGRAPHIE</h3>
<h3>Abraham « Bram » Stoker est né le 8 novembre 1847 à Clontarf, petit village au nord de Dublin au sein d’une famille protestante appartenant aux classes moyennes.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1776" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-16-233x300.jpg" alt="DRACULA. Bram Stoker (1847-1912) vers 1906." width="374" height="482" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-16-233x300.jpg 233w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-16.jpg 562w" sizes="(max-width: 374px) 100vw, 374px" /></p>
<p>Bram Stoker (1847-1912) vers 1906. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>De santé fragile, il doit garder la chambre jusqu’à l’âge de huit ans.  Lors de sa longue convalescence, Sa mère lui raconte de vieilles légendes irlandaises, des souvenirs personnels concernant la Grande Famine qui touche l&rsquo;Irlande entre 1845 et 1852 ou de l&rsquo;épidémie de choléra du début du XIX<sup>e</sup> siècle, à laquelle la famille de sa mère avait échappé. Ces histoires le marqueront toute sa vie. Sa scolarité est assurée par un précepteur, le révérent William Woods qui lui insuffle le goût de la lecture.</h3>
<h3>Plus tard, il étudie au Trinity Collège afin de préparer une carrière dans la fonction publique. En parallèle, il devient un sportif accompli.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1787" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-17-300x209.jpg" alt="DRACULA. Entrée principale du Trinity Collège (1837)." width="846" height="590" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-17-300x209.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-17-768x536.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-17.jpg 1024w" sizes="(max-width: 846px) 100vw, 846px" /></p>
<p>Entrée principale du Trinity Collège (1837). (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Cependant le jeune homme se passionne pour la poésie, notamment celle de l’américain Walt Whitman, et pour le théâtre après avoir assisté aux pièces d’Henry Irving, l’un des grands acteurs shakespeariens de l’époque.  Il obtient son diplôme en sciences et mathématiques en 1870. L’année suivante paraît son premier article, dans la rubrique théâtrale du Dublin Evening Mail (dont le copropriétaire est Sheridan Le Fanu, l’auteur du roman vampirique <em>Carmilla</em>). En 1878, Stoker épouse Florence Balcombe, jeune femme de dix-neuf ans également courtisée par le poète Oscar Wilde.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1788" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-18.jpg" alt="Florence Ann Balcombe dessiné par Oscar Wilde." width="374" height="508" /></p>
<p>Florence Ann Balcombe dessiné par Oscar Wilde.</p>
<h3>La même année le couple s’installe à Londres et aura un enfant, Noël, qui naît l’année suivante. Bram Stoker devient administrateur du Lyceum théatre.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone  wp-image-1789" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-19-300x186.jpg" alt="" width="840" height="521" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-19-300x186.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-19.jpg 512w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /></p>
<p>Le Lyceum Theatre, Wellington Street, Londres en 1834. Source Arthur Lloyd</p>
<h3>Son employeur est l’acteur Henry Irving qu’il avait admiré dans sa jeunesse. En parallèle, il écrit des critiques pour le Daily Telegraph ainsi que de nombreuses nouvelles. Stoker organise la tournée du Lyceum Theatre aux États-Unis en 1883, ce qui lui permet de rencontrer le poète Walt Whitman. En 1890 il rencontre Arminius Vambery, orientaliste et spécialiste des légendes de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est. La même année, Bram Stoker commence la rédaction d’un roman consacré au vampirisme. Finalement son roman le plus célèbre, Dracula est publié en 1897.  Dans les années qui suivent la publication de son chef d’œuvre, l’auteur de « Dracula » poursuit sa carrière littéraire et publie notamment en 1903 <em>Le Joyau des sept étoiles</em>. Bram Stoker décède le 21 aout 1912, à son domicile londonien, 26 St George&rsquo;s Square.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1790" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-20-300x224.jpg" alt="Urne de Bram Stoker et de son fils au crématorium de Golders Green." width="538" height="402" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-20-300x224.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-20-768x575.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-20.jpg 1024w" sizes="(max-width: 538px) 100vw, 538px" /></p>
<p>Urne de Bram Stoker et de son fils au crématorium de Golders Green. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>LE GRAND ŒUVRE DE STOKER</h3>
<h3><em>Dracula</em> est publié en 1897. L’auteur a choisi un genre littéraire bien spécifique pour raconter son histoire : le roman épistolaire puisque le récit est raconté à travers des lettres, des journaux intimes et des articles de journaux.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1791" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-21-205x300.jpg" alt="Première édition de Dracula, 1897." width="376" height="551" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-21-205x300.jpg 205w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-21.jpg 547w" sizes="(max-width: 376px) 100vw, 376px" /></p>
<p>Première édition de Dracula, 1897. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Dracula s’installe en Angleterre pour conquérir le monde, il veut propager le vampirisme, tel un virus qui contamine de façon exponentielle autour de lui.</h3>
<h3>Dans son roman Bram Stoker invente les codes du vampirisme en fusionnant les données du folklore est-européen concernant les vampires et en y introduisant ses propres idées.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1792" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-22-215x300.jpg" alt="Notes de travail de Bram Stoker pour Dracula." width="376" height="525" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-22-215x300.jpg 215w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-22.jpg 236w" sizes="(max-width: 376px) 100vw, 376px" /></p>
<p>Notes de travail de Bram Stoker pour <em>Dracula</em>. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Dracula est décrit comme un non-mort qui a besoin de sucer le sang, le fluide vital, de ses victimes pour survivre. Il est également doté d’une force surhumaine. Le vampire est capable de déchaîner les éléments naturels, de se dématérialiser, de se transformer en chauve-souris ou en chien. Il est le maître des créatures inférieures qui lui obéissent comme le rat ou le loup.  Il est obligé de dormir le jour et n’est actif que la nuit car ses pouvoirs cessent dès les premières lueurs de l’aube. Le vampire est également capable d’établir une relation télépathique avec sa victime, il n’a pas d’ombre et son image ne se reflète pas dans un miroir. Ses points faibles sont son aversion pour l’ail, l’eau bénite, les hosties consacrées ou les croix. Il ne peut pas entrer dans une maison sans y avoir été invité. On peut le tuer définitivement en lui enfonçant un pieu dans le cœur ou en lui coupant la tête.</h3>
<h3>LE VAMPIRE DANS LA LITTÉRATURE</h3>
<h3>L’attrait pour le thème du vampire en littérature n’est pas apparu avec la publication de <em>Dracula</em> en 1897. Le premier auteur anglais à s’emparer du thème est le poète romantique John Stagg avec sa ballade <em>The Vampire</em> en 1810. Cependant le roman vampirique en tant que genre ne s’établit véritablement qu’avec le roman John William Polidori intitulé <em>Le vampire</em> et publié en 1819 qui met en scène un aristocrate buveur de sang directement inspiré de l’écrivain dandy Lord Byron. D’après la légende c’est ce dernier qui a lancé un défi lors d’une soirée entre amis alors que les convives s’ennuyaient : écrire un texte horrifique sur un non-mort. C’est Marie Shelley qui a relevé le défi avec brio en écrivant <em>Frankenstein ou le Prométhée moderne</em> (Frankenstein ; or, The Modern Prometheus) publié en 1818.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1793 " src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-23-200x300.jpg" alt="DRACULA. Frankenstein. Frontispice de l'édition de 1831." width="375" height="563" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-23-200x300.jpg 200w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-23-683x1024.jpg 683w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-23-768x1152.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-23.jpg 800w" sizes="(max-width: 375px) 100vw, 375px" /></p>
<p>Frontispice de l&rsquo;édition de 1831. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Lors de cette fameuse soirée, c’est également Lord Byron qui a donné à son secrétaire et médecin personnel John William Polidori l’idée du vampire pour son futur roman. Texte que l’on a attribué à Byron, ce qu’il a d’ailleurs toujours réfuté.</h3>
<h3>En 1847, l’année de naissance de Bram Stoker que paraît le roman <em>Varney le vampire, ou le Festin de sang</em> (Varney the Vampire, or the Feast of Blood) qui contribue à populariser le thème du vampire.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1794" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-24-191x300.jpg" alt="DRACULA. La page de couverture d'une réimpression de la série britannique Penny Dreadful, Varney the Vampire (1845)." width="375" height="589" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-24-191x300.jpg 191w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-24.jpg 381w" sizes="(max-width: 375px) 100vw, 375px" /></p>
<p>La page de couverture d&rsquo;une réimpression de la série britannique Penny Dreadful, Varney the Vampire (1845).</p>
<h3>En 1872, l’écrivain irlandais Sheridan Le Fanu, publie le roman <em>Carmilla</em>.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1796" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-25-300x206.jpg" alt="DRACULA. Illustration de l'édition originale par David Henry Friston." width="537" height="369" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-25-300x206.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-25.jpg 642w" sizes="(max-width: 537px) 100vw, 537px" /></p>
<p>Illustration de l&rsquo;édition originale par David Henry Friston. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>SOURCES ET INFLUENCES</h3>
<h3>Plusieurs faits et événements réels sont à l’origine du roman. La publication en 1872 de <em>Carmilla</em> de Sheridan Le Fanu qui popularise le thème du vampirisme à travers son récit fantastique dont l’héroïne Carmilla est une vampire. Féru d’occultisme et de spiritisme, Bram Stoker en auditeur assidu est sensibilisé aux légendes entourant Vlad Dracula lors des conférences données à Londres par un certain Arminius Vambery.</h3>
<h3>UN ÉTRANGE NAUFRAGE</h3>
<h3>Pour son roman, Stoker s’est inspiré lors de son séjour à Whitby (Yorkshire) des ruines de l&rsquo;abbaye et du naufrage d’un navire, le <em>Dmitry</em> en 1885.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1798" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/vla-27-300x169.jpg" alt="DRACULA. Les ruines de l’abbaye de Whitby au sommet de la falaise." width="840" height="473" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/vla-27-300x169.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/vla-27-1024x576.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/vla-27-768x432.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/vla-27-800x450.jpg 800w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/vla-27.jpg 1200w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /></p>
<p>Les ruines de l’abbaye de Whitby au sommet de la falaise. Source : thewhitbyguide.co.uk</p>
<h3>Ce bateau échoué sur les côtes du Yorkshire devient dans le roman la goélette <em>Demeter</em>, un vaisseau fantôme, à bord duquel Dracula rejoint l’Angleterre après avoir décimé l’équipage.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1799" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-28-300x170.jpg" alt="DRACULA. L’épave du Dmitry à Tate Hill Beach à Whitby en 1885" width="842" height="477" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-28-300x170.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-28-1024x580.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-28-768x435.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-28.jpg 1385w" sizes="(max-width: 842px) 100vw, 842px" /></p>
<p>L’épave du Dmitry à Tate Hill Beach à Whitby en 1885. Photographie de Frank Meadow Sutcliffe, Colin Waters/alamy stock photo</p>
<h3>MEURTRIER EN SÉRIE ET SOCIÉTÉ SECRÈTE</h3>
<h3>À cette époque la société victorienne est traumatisée par les meurtres atroces perpétrés en 1888 par Jack l’Éventreur, un tueur en série insaisissable. Qui se cache derrière ces crimes ? Être humain ou créature diabolique ?</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1800" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-29-196x300.jpg" alt="La découverte du corps de Polly Nichols à la une du Penny Illustrated Paper, 8 septembre 1888." width="375" height="574" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-29-196x300.jpg 196w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-29.jpg 601w" sizes="(max-width: 375px) 100vw, 375px" /></p>
<p>La découverte du corps de Polly Nichols à la une du Penny Illustrated Paper, 8 septembre 1888. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>On a également dit de Stoker qu&rsquo;il était membre de la société secrète Golden Dawn<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> (l&rsquo;Aube dorée) — dont faisaient partie entre autres l’écrivain W.B. Yeats et le sataniste Aleister Crowley — qui était consacrée à l’étude des sciences occultes.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1801" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-30-215x300.jpg" alt="Aleister Crowley, écrivain et magicien anglais 1875-1947." width="376" height="525" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-30-215x300.jpg 215w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-30.jpg 650w" sizes="(max-width: 376px) 100vw, 376px" /></p>
<p>Aleister Crowley, écrivain et magicien anglais 1875-1947.</p>
<h3>Un étrange manuscrit a particulièrement marqué les fondateurs de la Golden Dawn : <em>La magie sacrée d&rsquo;Abramelin le Mage</em>, Or ce texte contient dans le chapitre XIII — nombre qui dans le Tarot est celui de « la Mort » — la description d’une opération de magie sacrée au cours de laquelle on peut réanimer un corps mort en lui adjoignant l’esprit. Ce qui en fait un corps vivant, mais imparfait puisqu’il lui manque un élément essentiel : l’âme.</h3>
<h3>UN CORPS SANS ÂME</h3>
<h3>L’appartenance de Stoker à cette société n’a jamais pu être prouvé, même si certains ont voulu voir dans <em>Dracula</em> un message réservé aux initiés. Cependant c’est dans un de ses autres textes que l’on peut déceler une influence du livre d’Abramelin le Mage, <em>Le Joyau des sept Étoiles</em> (The Jewel of Seven Stars) publié en 1903. Tout le récit s’articule autour d’une momie, celle de Tera, une mystérieuse reine égyptienne. Les hiéroglyphes inscrit sur les murs de la tombe semblent indiquer que la magie noire permet de réunir le corps et l’esprit de la reine Tera et de la faire revenir d’entre les morts. Selon les Anciens Égyptiens, l&rsquo;être humain est composé du corps appelé <em>djet</em> , du <em>ka</em> qui est l&rsquo;énergie vitale et un double spirituel et du <em>ba</em>, l’âme qui prend son envol à la mort du défunt. Le <em>ka</em> survit dans la tombe après la mort grâce au culte funéraire. Ainsi Tera serait un de ces <em>corps sans âme</em> évoqué dans le livre d’Abramelin le Mage.</h3>
<h3>Stoker s’est grandement inspiré de son ami et employeur, l’acteur et directeur du Lyceum Theater de Londres, Henry Irving pour le personnage du comte Dracula. Irving étant un interprète inspiré de Hamlet ou de Méphistophélès.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1802" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-31-198x300.jpg" alt="Sir Henry Irving dans le rôle du cardinal Wolsey pour une production de Henry VIII de William Shakespeare." width="374" height="567" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-31-198x300.jpg 198w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-31.jpg 540w" sizes="(max-width: 374px) 100vw, 374px" /></p>
<p>Sir Henry Irving dans le rôle du cardinal Wolsey pour une production de <em>Henry VIII</em> de William Shakespeare. © Popperfoto / Getty Images</p>
<h3>Dans le mythe, Méphistophélès est un démon qui est envoyé par le diable pour tenter le docteur Faust avide de pouvoir. Ce dernier vend son âme au diable…</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1804" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-32-207x300.jpg" alt="Extrait : &quot;Méphistophélès dans les airs&quot; (1828), de Eugène Delacroix." width="375" height="543" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-32-207x300.jpg 207w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-32.jpg 553w" sizes="(max-width: 375px) 100vw, 375px" /></p>
<p>Extrait : « Méphistophélès dans les airs » (1828), de Eugène Delacroix.</p>
<h3>DE VLAD DRACULA À DRACULA</h3>
<h3>Bram Stoker a retenu plusieurs éléments entourant le personnage historique de Vlad Dracula pour créer son personnage de fiction.</h3>
<h3>Bien évidemment en premier lieu le nom même du prince valaque, Dracula, qui signifie « fils de Dragon » ou « Fils du Diable » ce qui semble tout à fait approprié pour un suceur de sang. Le fait que le vampire est originaire de Transylvanie, Vlad Dracula, bien que prince de Valachie, est né en Transylvanie, lors de l’exil de son père Vlad Dracul dans ce pays. Ensuite que le personnage du roman est un noble, le comte Dracula, alors que Vlad est un prince. D’ailleurs le Dracula du roman cite le Dracula historique en tant qu’ancêtre.</h3>
<blockquote>
<h3><em>Et n’est-ce pas un des miens qui traversa le Danube pour aller battre le Turc sur son propre sol ? Oui c’est un Dracula ! Maudit soi son frère indigne qui vendit ensuite le peuple aux Turcs et qui fit peser sur tous la honte de l’esclavage !</em></h3>
</blockquote>
<h3>Cet extrait de Dracula est une allusion directe à Vlad III Dracula et son frère Radu III le Beau qui s’est convertit à l’Islam. Ce sont sans doute les conférences londoniennes d’un certain Arminius Vambery (Hermann Wamberger de son vrai nom), grand orientaliste hongrois, qui a attiré l’attention de Bram Stoker sur l’histoire de Vlad Dracula en fournissant à l&rsquo;auteur des informations concernant les mythes et légendes d&rsquo;Europe centrale. On peut noter que le nom de Vambery ressemble étrangement au mot « vampire ». Malgré ce nom, Arminius Vambery a sans doute servi de modèle pour élaborer le personnage de fiction qui devient dans le roman de Bram Stoker l’adversaire de Dracula : le professeur Abraham Van Helsing, spécialiste des vampires.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1779" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-33-217x300.jpg" alt="Arminius Vambéry en 1895." width="375" height="518" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-33-217x300.jpg 217w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-33.jpg 654w" sizes="(max-width: 375px) 100vw, 375px" /></p>
<p>Arminius Vambéry en 1895. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Au chapitre XVIII, Stoker évoque à la fois Arminius Vambery et le Dracula historique.</h3>
<blockquote>
<h3><em>J’ai demandé à mon ami Arminius, de l’université de Budapest, de me communiquer l’histoire de sa vie, et il m’a mis au courant de tout ce qu’il en connaissait. Ce doit être ce même voïvode Dracula qui fonda sa renommée en traversant le grand fleuve et en allant battre le Turc à la frontière même de la Turquie.</em></h3>
</blockquote>
<p><em> <img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1780" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-34-300x240.jpg" alt="Le château de Dracula imaginé par Stoker lui-même dans son livre pour enfant Under the Sunset, 1882" width="845" height="676" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-34-300x240.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-34-768x613.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-34.jpg 800w" sizes="(max-width: 845px) 100vw, 845px" /></em></p>
<p>Le château de Dracula imaginé par Stoker lui-même dans son livre pour enfant <em>Under the Sunset</em>, 1882. Source flickr</p>
<h3>DRACULA AU CINÉMA</h3>
<h3>Le succès de <em>Dracula</em> n’est pas limité au roman, c’est le cinéma qui a immortalisé le vampire de Stoker avec quelques belles réussites. Citons <em>Nosferatu, ou une symphonie de l’épouvante</em> (<em>Nosferatu, eine Symphonie des Grauens</em>) du réalisateur Friedrich Wilhelm Murnau (1922). Chef d&rsquo;œuvre du cinéma expressionniste allemand.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1805" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-35-300x225.jpg" alt="Une image iconique du Nosferatu (1922) de Murnau" width="535" height="401" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-35-300x225.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-35-1024x768.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-35-768x576.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-35.jpg 1387w" sizes="(max-width: 535px) 100vw, 535px" /></p>
<p>Une image iconique du <em>Nosferatu</em> (1922) de Murnau. (PRANA FILM / Collection Christophel).</p>
<h3>C’est pour des raisons de droit d’auteur qu’un procès est intenté à la maison de production allemande en 1925 par la veuve de Bram Stoker. Pour éviter que les bobines du film soient détruites, le scénariste du film doit modifier les noms des personnages originaux, les lieux de l’action et certains événements. Ainsi Dracula, campé par l’étrange Max Schreck (le bien nommé puisque son nom signifie frayeur en allemand) devient le comte Orlock, alias Nosferatu. L’action quant à elle se déroule entre les Carpathes et Brême en Allemagne, au lieu de Londres dans le roman original. Si dans les films ultérieurs, Dracula cache sa nature prédatrice sous les dehors d’un séducteur charismatique et romantique, le Nosferatu de Murnau est un monstre repoussant avec sa face de rat et ses oreilles pointues.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1806" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-36-300x230.jpg" alt="Max Schreck dans Nosferatu le vampire de Friedrich W. Murnau." width="536" height="411" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-36-300x230.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-36-1024x783.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-36-768x588.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-36.jpg 1200w" sizes="(max-width: 536px) 100vw, 536px" /></p>
<p>Max Schreck dans Nosferatu le vampire de Friedrich W. Murnau.</p>
<h3>Sans oublier que le film est le premier à lancer une idée géniale : les vampires sont vulnérables à la lumière du soleil.</h3>
<h3><em>Dracula</em> de Tod Browning (1931) est un autre grand classique du cinéma d’horreur. Le rôle-titre est interprété par l’acteur hongrois Bela Lugosi qui livre une prestation à la fois inquiétante et séduisante du vampire. Le film d’Universal Studio est inspiré d’une pièce de théâtre à succès basée sur le roman de Bram Stoker.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1807" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-37-300x236.jpg" alt="Dracula (Bela Lugosi) ou le baiser mortel." width="536" height="422" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-37-300x236.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-37-1024x805.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-37-768x604.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-37-1536x1207.jpg 1536w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-37.jpg 1710w" sizes="(max-width: 536px) 100vw, 536px" /></p>
<p>Dracula (Bela Lugosi) ou le baiser mortel. © Universal Pictures</p>
<h3>Dans le rôle de Dracula, Bela Lugosi est devenu l’archétype même du vampire, à la fois redoutable et élégant avec ses cheveux gominés en V, sa cape au col relevé et son nœuds papillon blanc. À sa mort, Bela Lugosi a été inhumé vêtu son célèbre costume de vampire.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1808" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-38-300x300.jpg" alt="Toujours impeccable, l’acteur Bela Lugosi (né Bela Ferenc Dezso Blasko) d’origine hongroise, mais né en Roumanie." width="471" height="471" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-38-300x300.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-38-1024x1024.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-38-150x150.jpg 150w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-38-768x768.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-38-1536x1536.jpg 1536w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-38-600x600.jpg 600w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-38.jpg 1591w" sizes="(max-width: 471px) 100vw, 471px" /></p>
<p>Toujours impeccable, l’acteur Bela Lugosi (né Bela Ferenc Dezso Blasko) d’origine hongroise, mais né en Roumanie. © Universal Pictures</p>
<h3>Autre grand classique, <em>Le Cauchemar de Dracula </em>(<em>Dracula ou Horror of Dracula</em>), long-métrage britannique réalisé par Terence Fisher (1958) pour la compagnie spécialiste des films d’horreur gothique en Technicolor : la Hammer Film Productions. C’est grâce à son interprétation légendaire du comte Dracula que Christopher Lee devient célèbre et peut entamer une carrière prolifique au service de l’horreur au cinéma.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1809" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-39-300x171.jpg" alt="Dracula (Christopher Lee), un séducteur ayant du mordant." width="547" height="312" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-39-300x171.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-39-1024x584.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-39-768x438.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-39-1536x875.jpg 1536w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-39.jpg 1874w" sizes="(max-width: 547px) 100vw, 547px" /></p>
<p>Dracula (Christopher Lee), un séducteur ayant du mordant. © Hammer Film Productions</p>
<h3>Christopher Lee est remarqué pour sa grande taille (1 m 93) qui lui permet de tenir le rôle de la créature dans le film  <em>Frankenstein s&rsquo;est échappé </em>de Terence Fisher (1957). Ce n’est que l’année suivante qu’il obtient son rôle emblématique de vampire, auquel il restera associé pour l’éternité.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1810" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-40-183x300.jpg" alt="Le grand Christopher Lee dans une prestation hypnotique du comte Dracula." width="375" height="615" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-40-183x300.jpg 183w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-40.jpg 590w" sizes="(max-width: 375px) 100vw, 375px" /></p>
<p>Le grand Christopher Lee dans une prestation hypnotique du comte Dracula. © Hammer Film Productions</p>
<h3>Le film est porté par le face à face entre deux acteurs remarquables : Peter Cushing (Van Helsing) et Christopher Lee (Dracula). Peter Cushing avec son regard intense, son visage émacié et sa prestance toute britannique, est certainement le plus marquant des acteurs ayant interprété le rôle de Van Helsing, l’adversaire implacable de Dracula.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1811" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-41-300x169.jpg" alt="Van Helsing (Peter Cushing) et sa panoplie, croix, ail et eau bénite." width="547" height="308" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-41-300x169.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-41-600x339.jpg 600w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-41.jpg 602w" sizes="(max-width: 547px) 100vw, 547px" /></p>
<p>Van Helsing (Peter Cushing) et sa panoplie, croix, ail et eau bénite. © Hammer Film Productions</p>
<h3>Et une mention spéciale pour <em>Le Bal des vampires (The Fearless Vampire Killers, or Pardon Me, But Your Teeth Are in My Neck) </em>de Roman Polanski (1967) qui mélange avec bonheur horreur et humour, ce qui est assez rare pour être signalé. Un pur chef-d’œuvre !</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1812" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-42-e1723231285693-300x228.jpg" alt="Ferdy Mayne assure les séquences horrifiques du film avec brio." width="537" height="408" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-42-e1723231285693-300x228.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-42-e1723231285693-1024x780.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-42-e1723231285693-768x585.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-42-e1723231285693.jpg 1388w" sizes="(max-width: 537px) 100vw, 537px" /></p>
<p>Ferdy Mayne assure les séquences horrifiques du film avec brio. © Metro-Goldwyn-Mayer</p>
<h3>C’est Ferdy Maine qui tient le rôle du vampire, renommé pour des raisons de droits d’auteurs, le comte Von Krolock. Pour retrouver la magnifique fille du tavernier local (Sharon Tate), un chasseur de vampires gâteux (Jack MacGowran) et de son assistant maladroit Alfred (Roman Polanski) doivent affronter le comte et son fils qui préparent le bal annuel des vampires.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1814" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-43-300x195.jpg" alt="Ferdy Mayne et Sharon Tate dans le Bal des vampires de Roman Polanski, 1967." width="537" height="349" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-43-300x195.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-43.jpg 645w" sizes="(max-width: 537px) 100vw, 537px" /></p>
<p>Ferdy Mayne et Sharon Tate dans le Bal des vampires de Roman Polanski, 1967. © Metro-Goldwyn-Mayer</p>
<h3>On peut également citer <em>Nosferatu</em>, <em>fantôme de la nuit</em> (<em>Nosferatu, Phantom der Nacht</em>) de Werner Herzog (1979) remake du film Nosferatu le vampire de 1922 avec le lunatique et colérique Klaus Kinski qui tient le rôle de Dracula.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1815" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-44-300x195.jpg" alt="Nosferatu, fantôme de la nuit avec Klaus Kinski et Isabelle Adjani." width="538" height="350" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-44-300x195.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-44.jpg 400w" sizes="(max-width: 538px) 100vw, 538px" /></p>
<p><em>Nosferatu</em>, <em>fantôme de la nuit</em> avec Klaus Kinski et Isabelle Adjani. © Werner Herzog</p>
<h3>Et pour finir,<em> Dracula</em> (<em>Bram Stoker&rsquo;s Dracula</em>) de Francis Ford Coppola (1992). Le seul film qui fait le lien entre le Dracula historique et le vampire de Bram Stoker. En 1492, Vlad Dracula, chevalier roumain de l&rsquo;Ordre du Dragon, part combattre les armées turques. Sa fiancée se suicide lorsqu&rsquo;elle apprend la fausse nouvelle de la mort de son bien-aimé. L’Église considère le suicide comme un péché mortel, faisant de sa fiancée une âme damnée. Fou de douleur, Vlad renie l’Église et devient un vampire sous le nom de comte Dracula. Quatre siècles plus tard, Dracula désire quitter la Transylvanie pour s&rsquo;établir en Angleterre.  Pour acquérir l’Abbaye de Carfax, le comte fait appel à Jonathan Harker, clerc de notaire et fiancé de la jolie Mina Murray. Au moment de la signature finale de la vente, Dracula découvre un portrait de Mina. La jeune fille est le sosie d&rsquo;Elisabeta, la défunte épouse du comte…</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone  wp-image-1816" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-45-300x139.jpg" alt="" width="537" height="249" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-45-300x139.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-45-1024x473.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-45-768x355.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-45.jpg 1385w" sizes="(max-width: 537px) 100vw, 537px" /></p>
<p>Gary Oldman en tant que Vlad Dracula en Transylvanie et Comte Dracula à Londres. © Columbia Pictures</p>
<h3>©JPS2024</h3>
<h3><a href="https://www.kernunnoslecodesecret.com/">ACCUEIL</a></h3>
<h3>SOURCES :</h3>
<p>Matei Cazacu, <em>Dracula</em>, Éditions Tallandier, Paris, 2011.</p>
<p>Bram Stoker, <em>Dracula</em>, Nouvelles Éditions Marabout, 1978.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vlad_III_l%27Empaleur">Vlad III l&rsquo;Empaleur — Wikipédia (wikipedia.org)</a></p>
<p><a href="https://www.hubert-herald.nl/RomValachia.htm">RomValachie (hubert-herald.nl)</a></p>
<p><a href="https://www.hubert-herald.nl/RomValachiaRulers.htm">RomValachiaRulers (hubert-herald.nl)</a>     casque avec corbeau casque et cimier</p>
<p><a href="https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/patrimoine/une-analyse-des-lettres-redigees-par-vlad-dracula-au-15e-siecle-laissent-entendre-qu-il-pleurait-des-larmes-de-sang_174739">Des lettres rédigées par le vrai « Dracula » laisse entendre qu&rsquo;il pleurait du sang &#8211; Sciences et Avenir</a></p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/ecelt_0373-1928_1973_num_13_2_1467">Nouveaux points de vue sur les Celtes et leur civilisation en Roumanie &#8211; Persée (persee.fr)</a></p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.com/history/article/last-voyage-of-the-demeter-dracula-dmitry">Le naufrage méconnu qui a inspiré le « Dracula » de Bram Stoker (nationalgeographic.com)</a></p>
<h3>NOTES :</h3>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> De son nom complet : The Hermetic Order of the Golden Dawn in the Outer (littéralement L&rsquo;Ordre hermétique de l&rsquo;Aube dorée à l&rsquo;extérieur).</p>
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			</item>
		<item>
		<title>VLAD III L’EMPALEUR</title>
		<link>https://www.kernunnoslecodesecret.com/vlad-iii-l-empaleur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lugus1967]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Aug 2024 18:33:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MONSTRES ET MERVEILLES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LE VÉRITABLE DRACULA C’est la figure et le nom d’un ancien et cruel chef de guerre roumain qui a inspiré Bram Stoker, l’auteur de Dracula, pour son personnage mythique. UN PRINCE CRUEL Dracula, le prince des vampires, est une création littéraire dû à l’écrivain irlandais Bram Stoker, mais il est surtout un prince médiéval (un [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1>LE VÉRITABLE DRACULA</h1>
<h2>C’est la figure et le nom d’un ancien et cruel chef de guerre roumain qui a inspiré Bram Stoker, l’auteur de <em>Dracula</em>, pour son personnage mythique.</h2>
<h3>UN PRINCE CRUEL</h3>
<h3>Dracula, le prince des vampires, est une création littéraire dû à l’écrivain irlandais Bram Stoker, mais il est surtout un prince médiéval (un voïvode) qui a bel et bien existé. Il s’agit de Vlad III, prince de Valachie, qui vécut de 1431-1476 dans la région des Carpates, dans l’actuelle Roumanie et qui s’illustra par sa lutte acharnée contre les Turcs. L’Empire ottoman étant au faîte de sa puissance et s’étendait jusqu’aux frontières de la Hongrie. Pour ses faits d’armes, Vlad III est considéré comme un grand souverain en Europe de l’Est. Un de ses contemporain le décrit ainsi :</h3>
<blockquote>
<h3>[Il n’était pas de] <em>très haute stature, mais très vigoureux et fort, avec un air cruel et féroce, le nez grand et aquilin, les narines gonflées, la peau du visage fine et légèrement rougeâtre, dans lequel les cils très longs entouraient des yeux verts et largement ouvert, et les sourcils noirs fournis les rendaient menaçant ; le visage et le menton rasés, à l’exception de la moustache. Les tempes enflées augmentaient le volume de la tête. Un cou de taureau reliait la nuque large aux larges épaules, sur lesquels tombaient des cheveux noirs et bouclés.</em></h3>
</blockquote>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1760" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-1-247x300.jpg" alt="Portrait de Vlad III de Valachie." width="377" height="457" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-1-247x300.jpg 247w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-1.jpg 409w" sizes="(max-width: 377px) 100vw, 377px" /></p>
<p>Portrait de Vlad III de Valachie. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Cependant l’histoire a surtout retenue une autre dénomination, celle de Vlad l’Empaleur (Vlad Țepeș en roumain). Ce surnom évoque la méthode de prédilection de Vlad III pour torturer et tuer ses ennemis, l’empalement sur des pieux en bois.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1761" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-2-300x300.jpg" alt="Représentation tirée des chroniques de Brodoc montrant Vlad Țepeș dînant devant une « forêt de pals »." width="478" height="478" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-2-300x300.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-2-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 478px) 100vw, 478px" /></p>
<p>Représentation tirée des chroniques de Brodoc montrant Vlad Țepeș dînant devant une « forêt de pals ». (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Vlad III prenait apparemment grand plaisir à festoyer au milieu de ses victimes agonisantes.</h3>
<h3>LE FILS DU DRAGON</h3>
<h3>Vlad III porte un autre nom inquiétant puisqu’il a également été surnommé <em>Drăculea</em> qui signifie « fils du dragon » en roumain médiéval, cette appellation est plus tard reprise par Bram Stoker pour nommer son personnage littéraire : le comte Dracula. Ce surnom est lié à celui de son père Vlad II Dracul qui a rejoint l&rsquo;Ordre du Dragon (<em>Societas draconistarum</em>) en 1431, d&rsquo;où son surnom le « Dragon », <em>Dracul</em> (du latin <em>draco, </em>« dragon »).</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1762" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-3.jpg" alt="Vlad II Dracul." width="375" height="427" /></p>
<p>Vlad II Dracul. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Cet ordre de chevalerie a été fondé en 1408 par Sigismond de Luxembourg, roi de Hongrie. L’ordre du Dragon est inspiré des Ordres militaires qui durant les Croisades du Moyen Âge avaient pour vocation de reprendre Jérusalem et la Terre sainte alors aux mains des musulmans. L’objectif de l’ordre du Dragon du roi de Hongrie était de défendre la Chrétienté contre l’Empire ottoman.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1781" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-7-300x144.jpg" alt="Monnaie de Vlad II Dracul (le Dragon), frappée vers 1445-1446." width="535" height="257" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-7-300x144.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-7-768x368.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-7.jpg 800w" sizes="(max-width: 535px) 100vw, 535px" /></p>
<p>Monnaie de Vlad II Dracul (le Dragon), frappée vers 1445-1446 montrant (à gauche) un aigle debout à gauche, tête à droite, avec une croix au-dessus ; (à droite) un Dragon avançant vers la gauche, ailes déployées. L’aigle avec la croix figure sur les armoiries de la Valaquie et le dragon est le blason personnel de Vlad II. Source : cngcoins.com</p>
<h3>LE FILS DU DIABLE</h3>
<h3>Cependant une autre étymologie est possible en partant du roumain <em>drac</em> « diable », Vlad II Dracul serait donc « le diable » et Vlad III Dracula « le fils du diable ». Cependant il ne faut pas oublier que Vlad II et Vlad III sont des princes chrétiens. Se faire appeler « Dragon » et « fils du Dragon » possède une connotation prestigieuse, Il faut rappeler que le dragon n’a pas toujours été une créature infernale. Il est un symbole de force et de puissance qui a été diabolisé progressivement par l’Église en tant qu’adversaire du bien. Par exemple les images de Saint Georges et Saint Michel terrassant dragon illustrent la lutte perpétuelle du bien contre le mal.</h3>
<h3>Voir à ce propos <a href="https://www.kernunnoslecodesecret.com/vlad-iii-l-empaleur/">SAISON 1 ANNEXE 11</a> Les métamorphoses du dragon</h3>
<h3>En Occident, dans des temps plus anciens, certains personnages se paraient encore du prestige du dragon à l’instar du célèbre roi Arthur qui porte le nom de son père : Pendragon. Ce qui signifie en langue bretonne « tête de dragon ». En Orient, le dragon est un symbole positif lié à la fertilité et l’abondance. En Chine, il est associé à l’empereur et occupe une place centrale dans l’iconographie impériale. À ce titre le souverain est dénommé « Fils du dragon ».</h3>
<h3>Tandis que « Diable » et « fils du Diable » comporte toujours une connotation extrêmement péjorative en milieu chrétien. D’ailleurs les deux princes portaient déjà ces surnoms avant que Vlad III ne devienne un monstre sanguinaire. C’est donc plutôt le sens de « fils du dragon » qu’il convient de retenir.</h3>
<h3>JEUNESSE D’UN PRINCE</h3>
<h3>Le sultan Mourad II tend une embuscade à Vlad Dracul et l’oblige à lui laisser ses deux plus jeunes fils en otages. Vlad Dracula et son jeune frère Radu dit le Beau sont prisonnier du sultan de 1442 à 1448. Le destin des deux frères divergent radicalement puisque Radu choisi le camp des Turcs. D’après les chroniques byzantine, Radu se convertit à l’Islam et fait même partie des favoris du Sultan. Néanmoins les deux frères bénéficient d’une excellente éducation en terres musulmanes, mais ils restent des otages.</h3>
<h3>PRISE DU POUVOIR</h3>
<h3>Le vent de l’histoire tourne lorsque Vlad apprend durant sa captivité l’assassinat de son père pour avoir conclu une paix avec les Ottomans ainsi que la mort de son frère enterré vivant par les boyards (nobles valaques) et les marchands saxons après lui avoir brûlé les yeux au fer rouge. Sa vengeance sera terrible contre ses ennemis tant intérieurs qu’extérieurs. Jean Hunyadi, voïvode de Transylvanie et gouverneur de Hongrie, qui a commandité l’assassinat, donne le trône à un noble valaque, qui se fait appeler Vladislav II.</h3>
<h3>En 1448, Dracula, âgé de 17 ans, expulse, avec l’aide ottomane, le nouveau voïvode de Valachie, mais les Hongrois remettent celui-ci sur le trône quelques mois plus tard. Cependant Vladislav se range du côté des Turcs, qui ont conquis Constantinople en 1453, et provoque la colère des Hongrois. En 1456, Dracula tue Vladislav en combat singulier et règne pendant six ans de 1456 à 1462.</h3>
<h3>LA LÉGENDE SANGLANTE</h3>
<h3>Avec Vlad Dracula, l’histoire et la légende s’entremêlent étroitement, les chroniques de l’époque décrive le prince valaque comme un tyran sanguinaire qui commet les pires atrocités pour son bon plaisir.</h3>
<h3>La première mesure de Vlad Dracula lors de son accession au pouvoir est de faire régner l’ordre et la loi dans son royaume. C’est pourquoi il s’engage dans une lutte sans merci contre les brigands qui pullulent dans le pays. Tous les bandits et opposants par la même occasion sont livrés au pal, le supplice préféré de Vlad. Dans les villages, aux carrefours, des pals sont dressés sur lesquels pourrissent des cadavres déchiquetés par les corbeaux et les oiseaux de proies. Vlad Dracula est craint de ses sujets, par exemple en guise de test, il fait placer une coupe en or merveilleusement travaillée près d’une fontaine. Beaucoup de gens viennent boire l’eau de la fontaine, mais personne n’ose voler la coupe durant son règne.</h3>
<h3>En 1457, pour se venger des marchands saxons de Transylvanie peuplant la ville de Brasov, Dracula fait empaler 30 000 personnes et dîne fastueusement au milieu des mourants, puis il incendie la cité.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1765" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-5-215x300.jpg" alt="Vlad l’Empaleur festoyant pendant que ses victimes succombent à leur longue agonie." width="470" height="656" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-5-215x300.jpg 215w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-5.jpg 600w" sizes="(max-width: 470px) 100vw, 470px" /></p>
<p>Vlad l’Empaleur festoyant pendant que ses victimes succombent à leur longue agonie.</p>
<h3>Selon les chroniques allemandes de Brodoc de 1462 (vers 170-176), Dracula aimait voir couler le sang humain et il avait l’habitude de tremper sa main dans le sang quand on le lui apportait à table pendant ses repas. C’est l’une des seules références à faire un lien entre Vlad Dracula et le sang de ses victimes.  Cependant rien n’indique qu’il boit ce sang humain qu’on lui apporte à table. Pourtant ses détracteurs ne sont jamais avares en détails morbides. Ainsi Dracula est accusé d’avoir fait bouillir un Tsigane délinquant dans un chaudron et que sa tribu avait dû le manger. Qu’il a fait éventrer une concubine enceinte afin de voir l’endroit où se trouvait le fruit de ses entrailles. Qu’au cours d’un festin Dracula avait servi à des nobles des écrevisses nourries avec la cervelle de leurs parents et leurs amis et même forcé des mères à manger leurs enfants rôtis. Mais jamais le prince roumain n’est accusé de boire le sang de ses victimes. Dracula est considéré comme un tyran des plus sanguinaires, mais jamais comme un vampire.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1766" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-6-185x300.jpg" alt="Portrait de Dracula (Vlad Tepes), 1491, d’après une gravure sur bois du XVe siècle." width="374" height="606" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-6-185x300.jpg 185w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-6.jpg 411w" sizes="(max-width: 374px) 100vw, 374px" /></p>
<p>Portrait de Dracula (Vlad Tepes), 1491, d’après une gravure sur bois du XVe siècle. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>1458 est une année charnière pour Dracula puisqu’en fin d’année il taille en pièce l’armée de Mahmoud Pacha forte de 30 000 hommes.</h3>
<h3>Cet événement déclenche les hostilités avec l’Empire ottoman. Vlad est seul contre tous, non seulement contre les Turcs, mais également contre les marchands saxons, les souverains voisins, et les ennemis intérieurs.</h3>
<h3>UN TUEUR SANGUINAIRE</h3>
<h3>Pour se venger des boyards qui avaient enterré son frère vivant face contre terre et tué son père en le décapitant, Dracula invite en 1459, pour la fête de Pâques, 500 d’entre eux, à un grand banquet. Les seigneurs et les nobles sont exécutés par le supplice du pal et leurs biens distribués à la population, d’autres sont asservis pour servir de main-d’œuvre à la construction du château de Poenari, lors de laquelle beaucoup mourront d’épuisement.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1783" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-70-300x225.jpg" alt="Ruines de la citadelle de Poenari." width="536" height="402" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-70-300x225.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-70-768x576.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-70.jpg 1024w" sizes="(max-width: 536px) 100vw, 536px" /></p>
<p>Ruines de la citadelle de Poenari. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>La mort du frère de Vlad est particulièrement infâmante puisqu’un cadavre intact retrouvé la face contre terre signifiait à cette époque qu’il s’agissait d’un non-mort, d’un vampire, auquel il fallait d’abord enfoncer un pieu de bois dans le cœur avant de lui accorder une sépulture décente.</h3>
<h3>Vlad est également accusé dans l’épisode n°7 du pamphlet de 1463 de s’acharner contre les familles de ses adversaires en empalant des femmes enceintes, des petits enfants et même des bébés pour exterminer totalement les clans adverses. Dracula s’empare d’un moine qui l’accuse de ces atrocités et lui fait subir le supplice du pal, mais pas comme aux autres victimes en enfonçant le pieu par le fondement, mais en lui enfonçant le pal, la tête en bas et les pieds vers le haut.</h3>
<h3>Autre exemple de sa cruauté, pour se débarrasser des pauvres, des mendiants et des infirmes de son royaume, il les invite à un banquet, barricade les portes et les fait brûler vif (épisode 33). Il faut dire que Dracula est accusé des pires méfaits dans le pamphlet de 1463, non seulement d’empaler ses ennemis homme, femmes et enfants, mais de les brûler vifs, de les enterrer jusqu’à la taille dans la terre et de les achever avec des flèches ou encore de les pendre, de les décapiter ou de les bouillir dans des chaudrons, de les rôtir et de les écorcher. La liste des supplices attribués à Vlad Dracula est interminable.</h3>
<h3>DRACULA DÉFI LES TURCS</h3>
<h3>En 1459 Dracula décide de ne plus payer le tribut au Sultan Mehmet II.</h3>
<h3>En 1460, Dan III, prétendant au trône de Valachie, obtient le soutien des Hongrois et aidé par des boyards fugitifs de Valachie veut renverser Dracula. Cette expédition militaire est un échec. Vlad III organise des représailles durant la semaine de Pâques 1460. Le prétendant est capturé et ses partisans sont empalés, femmes et enfants compris. Dan doit creuser sa tombe et Dracula le décapite près de son tombeau. Vlad veut également se venger des saxons de Transylvanie qui ont soutenu Dan. Ceux-ci envoient une ambassade de 55 personnes pour négocier la paix. Dracula fait dresser des pals et retiens les ambassadeurs terrifiés pendant 5 semaines le temps de mener une campagne punitive en Transylvanie. Incendiant villes, château et villages et empalant ceux qu’il a capturé, enfants hommes, femmes, jeunes ou âgés. Il mène une autre campagne contre les Valaques réfugiés en Transylvanie que Vlad considère comme des traîtres et les fait hacher menu comme choux à l’épée, au sabre et au couteau. Ceux qui ne sont pas tués sont empalés puis il incendie les villages.</h3>
<h3>LA GUERRE CONTRE LES TURCS</h3>
<h3>En 1461, Mehmed II, fils de Mourad II, envoie des émissaires pour réclamer un tribut exorbitant de 10 000 ducats d’or et de 500 garçons qui serviront d’otages. La rencontre est un piège des Turcs pour capturer Dracula. En réponse, la légende raconte, que Vlad fait clouer les turbans des ambassadeurs sur leurs crânes avant de les empaler, prétextant qu’ils lui ont manqué de respect en ne se découvrant pas pour le saluer.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1768" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-8-300x224.jpg" alt="Vlad Țepeș et les ambassadeurs turcs par Theodor Aman (1862-1863)." width="840" height="628" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-8-300x224.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-8-768x573.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-8.jpg 1024w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /></p>
<p>Vlad Țepeș et les ambassadeurs turcs par Theodor Aman (1862-1863). (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Les hommes qui accompagnaient les émissaires sont eux aussi empalés après avoir coupé leurs membres. Mehmed II aura quelques mois plus tard l’occasion de contempler les restes offerts aux regards des curieux. Vlad profite de son avantage pour traverser le Danube et ravager les possessions turques en Bulgarie. Il n’épargne aucune ville et villages et tue ainsi plus de vingt-mille personnes, sans compter ceux qui ont été brulées vifs dans leurs maisons. Le sultan est furieux et décide de mener lui-même une grande campagne contre Dracula. Il réunit une armée importante (60 000 à 80 000 hommes) et une flotte de 25 trirèmes et 150 navires de transport. À la tête d’une armée de 31 000 hommes, Dracula se prépare à affronter le sultan. Vlad en infériorité numérique se livre à des actions de guérilla contre les Turcs, harcelant les agresseurs.</h3>
<h3>LE PRINCE DE LA NUIT</h3>
<h3>Son fait d’armes le plus célèbre est l&rsquo;attaque de nuit à Târgoviște du 17 juin 1462. Auparavant Dracula, parlant parfaitement le turc, se déguise en marchand et espionne le camp adverse pour repérer les tentes des chefs de l’armée. Ensuite il lance une attaque surprise trois heures après le coucher de soleil avec 10 000 hommes divisés en deux détachements.  La bataille fait rage à la lueur des torches et au son des cors, mais les troupes ottomanes tiennent bon.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1769" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-9-300x195.jpg" alt="Vlad l’Empaleur attaque le camp turc par surprise dans la nuit, toile de Theodor Aman." width="838" height="545" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-9-300x195.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-9-1024x667.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-9-768x500.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-9.jpg 1280w" sizes="(max-width: 838px) 100vw, 838px" /></p>
<p>Vlad l’Empaleur attaque le camp turc par surprise dans la nuit, toile de Theodor Aman. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>L’armée ennemie subit de lourdes pertes et dans le tumulte du combat Vlad confond la tente du sultan avec celui de ses vizirs et n’arrive pas à tuer Mehmed II. Dracula ordonne la retraite sans avoir atteint son objectif. Les Turcs poursuivent les Valaques et en capturent 1 000, tous sont décapité en représailles. Les atrocités ne sont pas l’apanage du seul Dracula. Selon le chroniqueur Domenico Balbi, les pertes s&rsquo;élèvent à 5 000 hommes du côté valaque et à 15 000 hommes du côté ottoman. Une anecdote est mentionnée à propos de cette attaque. Furieux d’avoir raté le sultan, Vlad aurait inspecté personnellement ses hommes et fait empaler ceux qui, blessé au dos, avait fui devant l’ennemi.</h3>
<h3>L&rsquo;armée ottomane marche ensuite sur Târgovişte, la capitale valaque, et trouve la ville abandonnée ainsi que 20 000 prisonniers turcs et musulmans bulgares empalés. Même le sultan est saisi de stupeur devant cette « forêt de pal » qui s’étend sur des kilomètres.</h3>
<h3>VLAD L’INSAISISSABLE</h3>
<h3>Vlad, à l’abri des marais et des forêts impénétrables de Valaquie et de Transylvanie continue à harceler l’ennemi avec des embuscades ciblées. Après un nouvel échec devant la ville de Kilia que le sultan assiège huit jours, ce dernier fait finalement demi-tour et quitte la Valachie. Cependant Mehmet II laisse Radu le frère de Vlad dans le pays.</h3>
<h3>La campagne punitive de Mehmed II est un échec, il ne réussit ni à occuper la Valachie, ni ne réussit à capturer Dracula ou détruire son armée dans un combat frontal.</h3>
<h3>DRACULA EMPRISONNÉ</h3>
<h3>Bien que Vlad ait réussi à s’affirmer militairement contre un adversaire supérieur en nombre, le pays est dévasté. Vlad et Radu s’affrontent militairement à plusieurs reprises, sans résultat définitif. Les boyards et les saxons hostiles à Vlad rallient Radu. Vlad s’enfuit en Transylvanie, mais est arrêté sur les ordres du roi hongrois Matthias Corvinus. Il est emprisonné pendant 12 ans au motif que Vlad avait écrit une lettre au sultan demandant pardon et proposant une alliance contre la Hongrie. En regard de la carrière de Dracula et son combat féroce contre les Turcs, la lettre est sans aucun doute un faux grossier composé par les adversaires de Vlad. Dracula est libéré en 1474.</h3>
<h3>UNE FIN TRAGIQUE</h3>
<h3>En 1476 il est à nouveau élu prince de Valachie, mais il ne jouit que de moins d’un an de son troisième règne car il est assassiné à la fin du mois de décembre 1476. Les circonstances de sa mort restent mystérieuses. Selon les sources il a été tué lors d’une bataille, pour d’autres il a été tué lâchement par un homme de confiance acheté par les Turcs, pour d’autres encore il a été tué par méprise par ses propres soldats percés de coups de lances. En tous cas, Vlad Dracula est décapité, mais ce n&rsquo;est pas sa tête qui est envoyée au sultan, mais la peau de son visage et ses cheveux (emplie de coton et d&rsquo;épices). Le sultan l&rsquo;exposant ensuite sur un pieu comme preuve de sa mort dans tout son royaume.</h3>
<h3>UNE TOMBE VIDE</h3>
<h3>La tradition veut que Vlad Dracula ait été enseveli au couvent de Snagov, sur une île située au milieu d’un lac à une trentaine de kilomètres au nord de la capitale roumaine, Bucarest.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1770" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-10-300x196.jpg" alt="Le monastère de Snagov est un monastère orthodoxe fondé par Mircea Ier, grand-père de Vlad III." width="536" height="350" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-10-300x196.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-10-1024x668.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-10-768x501.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-10.jpg 1280w" sizes="(max-width: 536px) 100vw, 536px" /></p>
<p>Le monastère de Snagov est un monastère orthodoxe fondé par Mircea Ier, grand-père de Vlad III. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Lors de fouilles archéologiques en 1932 et 1933, on trouve une sépulture vide. La tombe de Dracula ?</h3>
<h3>Intrigués les archéologues creusent ensuite plusieurs tranchées et c’est ainsi qu’ils découvrent un caveau intact à trois mètres de profondeur. Ils ouvrent la tombe et exhument un défunt parfaitement conservé dans son cercueil recouvert d’un tissu de couleur pourpre cousu de fil d’or. La lumière déclinante du jour qui entrait par la porte ouverte de l’église leur permet de constater qu’il s’agit du cadavre d’un homme. Il est habillé d’un vêtement de velours couleur pourpre ou verte, fermé par de gros bouton de fil d’argent doré et serré à la taille par une ceinture formée de plaques d’argent en forme de losange. Son visage est couvert d’un tissu de soie et une bague de femme est cousu à l&rsquo;intérieur de ce qui fut autrefois la manche d&rsquo;un vêtement. Dans la meilleure tradition vampirique, le corps au contact de l’air (ou de la lumière ?) se décompose en quelques minutes avant que les archéologues aient pu voir son visage ou prendre une photo.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1771" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-11-176x300.jpg" alt="Portrait de Vlad Țepeș dans la « Galerie des Ancêtres » de la Maison Esterházy, xviie siècle, château de Forchtenstein" width="376" height="641" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-11-176x300.jpg 176w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-11.jpg 591w" sizes="(max-width: 376px) 100vw, 376px" /></p>
<p>Portrait de Vlad Țepeș dans la « Galerie des Ancêtres » de la Maison Esterházy, xviie siècle, château de Forchtenstein. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>DISPARITION DES PREUVES</h3>
<h3>Malheureusement, les objets trouvés dans la tombe ont tous disparu lors des déménagements successifs du Musée municipal de Bucarest. À l’exception des boutons et des fragments de tissus.</h3>
<h3>On peut s’étonner de la présence d’un crâne dans le cercueil puisque Vlad a été décapité, mais on n’avait prélevé que la peau du visage et les cheveux pour les livrer aux Turcs. Ce qui explique peut-être la présence d’un tissu couvrant le visage.</h3>
<h3>LETTRES DE SANG</h3>
<h3>Avec un tel personnage, on n’est pas au bout de nos surprises puisqu’une analyse chimique de lettres anciennes signé de la main de Vlad Dracula a révélé une découverte surprenante.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1772" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-12-300x198.jpg" alt="Deuxième lettre datée de 1475 (III 32 N 484) examinée, portant la signature personnelle de Vlad Drăculea dans la partie inférieure gauche." width="539" height="356" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-12-300x198.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-12-1024x675.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-12-768x506.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-12.jpg 1091w" sizes="(max-width: 539px) 100vw, 539px" /></p>
<h3>En effet, une analyse des substances présentes à la surface de trois lettres écrites de la main de Vlad III suggère qu’il aurait pu être atteint d&rsquo;une maladie rare dans les dernières années de sa vie : l&rsquo;hémolacrie.  Cette pathologie se manifeste par des larmes teintées de sang ou partiellement constituées de sang. Dracula pleurant des larmes de sang !</h3>
<h3>Ces travaux ont permis d&rsquo;identifier d’autres maladies dont devait souffrir Dracula. Ainsi les scientifiques ont découvert qu’il devait être accablé par des infections des voies respiratoires et de la peau. Sur ces lettres ont également été retrouvé des traces de <em>Yersinia pestis</em>, la bactérie à l’origine de la peste noire. Ce qui démontre que le prince valaque a été en contact avec cette affection qui a décimé 50% de la population européenne.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1773" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-13-300x110.jpg" alt="Deuxième lettre datée de 1475 (III 32 N 484) examinée, portant la signature personnelle de Vlad Drăculea dans la partie inférieure gauche." width="537" height="197" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-13-300x110.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-13.jpg 400w" sizes="(max-width: 537px) 100vw, 537px" /></p>
<p>Deuxième lettre datée de 1475 (III 32 N 484) examinée, portant la signature personnelle de Vlad Drăculea dans la partie inférieure gauche. (a) Les matériaux bruns sont les films « EVA » utilisés pour capturer le matériel biologique ; (b) cartographie de la fluorescence sous illumination UV flash (spectrométrie de masse).   Maria Gaetana Giovanna Pittalà, Antonella Di Francesco, Annamaria Cucina, Rosaria Saletti, Gleb Zilberstein, Svetlana Zilberstein, Tudor Arhire, Pier Giorgio Righetti, and Vincenzo Cunsolo Analytical Chemistry Article ASAP DOI: 10.1021/acs.analchem.3c01461 / CC-BY-NC-ND</p>
<h3>SIGNÉ DRACULA</h3>
<h3>Dracula a non seulement écrit des lettres, mais on connaît sa signature en latin.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1774" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-14-300x155.jpg" alt="Signature de Vlad Dracula." width="538" height="278" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-14-300x155.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-14.jpg 713w" sizes="(max-width: 538px) 100vw, 538px" /></p>
<p>Signature de Vlad Dracula. (Wikimedia Commons).</p>
<h3><em>Wladislaus Dragwlya</em></h3>
<h3><em>Waywoda prin[cipatus] Transalpinae </em></h3>
<h3>Ce qui signifie : Vladislaus Dracula. Voïvode de la Principauté au-delà des Alpes [de Transylvanie]</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1775" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-15-170x300.jpg" alt="Représentation de Vlad Țepeș dans un tableau dépeignant le calvaire du Christ (détail), Vienne, église Notre-Dame-du-Rivage, 1460." width="376" height="664" /></p>
<p>Représentation de Vlad Țepeș dans un tableau dépeignant le calvaire du Christ (détail), Vienne, église Notre-Dame-du-Rivage, 1460. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>DE VLAD DRACULA À DRACULA</h3>
<h3>Bram Stoker a retenu plusieurs éléments entourant le personnage historique de Vlad Dracula pour créer son personnage de fiction.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1776" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-16-233x300.jpg" alt="Bram Stoker (1847-1912) vers 1906." width="376" height="484" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-16-233x300.jpg 233w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-16.jpg 562w" sizes="(max-width: 376px) 100vw, 376px" /></p>
<p>Bram Stoker (1847-1912) vers 1906. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Bien évidemment en premier lieu le nom même du prince valaque, Dracula, qui signifie « fils de Dragon » ou « Fils du Diable » ce qui semble tout à fait approprié pour un suceur de sang. Le fait que le vampire est originaire de Transylvanie, Vlad Dracula, bien que prince de Valachie, est né en Transylvanie, lors de l’exil de son père Vlad Dracul dans ce pays. Ensuite que le personnage du roman est un noble, le comte Dracula, alors que Vlad est un prince. D’ailleurs le Dracula du roman cite le Dracula historique en tant qu’ancêtre.</h3>
<blockquote>
<h3><em>Et n’est-ce pas un des miens qui traversa le Danube pour aller battre le Turc sur son propre sol ? Oui c’est un Dracula ! Maudit soi son frère indigne qui vendit ensuite le peuple aux Turcs et qui fit peser sur tous la honte de l’esclavage !</em></h3>
</blockquote>
<h3>Cet extrait de Dracula est une allusion directe à Vlad III Dracula et son frère Radu III le Beau qui s’est convertit à l’Islam. Ce sont sans doute les conférences londoniennes d’un certain Arminius Vambery (Hermann Wamberger de son vrai nom), grand orientaliste hongrois, qui a attiré l’attention de Bram Stoker sur l’histoire de Vlad Dracula en fournissant à l&rsquo;auteur des informations concernant les mythes et légendes d&rsquo;Europe centrale. On peut noter que le nom de Vambery ressemble étrangement au mot « vampire ». Malgré ce nom, Arminius Vambery a sans doute servi de modèle pour élaborer le personnage de fiction qui devient dans le roman de Bram Stoker l’adversaire de Dracula : le professeur Abraham Van Helsing, spécialiste des vampires.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1779" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-33-217x300.jpg" alt="Arminius Vambéry en 1895." width="374" height="517" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-33-217x300.jpg 217w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-33.jpg 654w" sizes="(max-width: 374px) 100vw, 374px" /></p>
<p>Arminius Vambéry en 1895. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Au chapitre XVIII, Stoker évoque à la fois Arminius Vambery et le Dracula historique.</h3>
<blockquote>
<h3><em>J’ai demandé à mon ami Arminius, de l’université de Budapest, de me communiquer l’histoire de sa vie, et il m’a mis au courant de tout ce qu’il en connaissait. Ce doit être ce même voïvode Dracula qui fonda sa renommée en traversant le grand fleuve et en allant battre le Turc à la frontière même de la Turquie.</em></h3>
</blockquote>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1780" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-34-300x240.jpg" alt="Le château de Dracula imaginé par Stoker lui-même dans son livre pour enfant Under the Sunset, 1882." width="538" height="430" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-34-300x240.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-34-768x613.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/08/VLA-34.jpg 800w" sizes="(max-width: 538px) 100vw, 538px" /></p>
<p>Le château de Dracula imaginé par Stoker lui-même dans son livre pour enfant <em>Under the Sunset</em>, 1882. Source flickr</p>
<h3>©JPS2024</h3>
<h3>Voir également <a href="https://www.kernunnoslecodesecret.com/dracula/">DRACULA</a> dans la littérature et le cinéma</h3>
<h3><a href="https://www.kernunnoslecodesecret.com/">ACCUEIL</a></h3>
<h3>SOURCES :</h3>
<p>Matei Cazacu, <em>Dracula</em>, Éditions Tallandier, Paris, 2011.</p>
<p>Bram Stoker, <em>Dracula</em>, Nouvelles Éditions Marabout, 1978.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vlad_III_l%27Empaleur">Vlad III l&rsquo;Empaleur — Wikipédia (wikipedia.org)</a></p>
<p><a href="https://www.hubert-herald.nl/RomValachia.htm">RomValachie (hubert-herald.nl)</a></p>
<p><a href="https://www.hubert-herald.nl/RomValachiaRulers.htm">RomValachiaRulers (hubert-herald.nl)</a>     casque avec corbeau casque et cimier</p>
<p><a href="https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/patrimoine/une-analyse-des-lettres-redigees-par-vlad-dracula-au-15e-siecle-laissent-entendre-qu-il-pleurait-des-larmes-de-sang_174739">Des lettres rédigées par le vrai « Dracula » laisse entendre qu&rsquo;il pleurait du sang &#8211; Sciences et Avenir</a></p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/ecelt_0373-1928_1973_num_13_2_1467">Nouveaux points de vue sur les Celtes et leur civilisation en Roumanie &#8211; Persée (persee.fr)</a></p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.com/history/article/last-voyage-of-the-demeter-dracula-dmitry">Le naufrage méconnu qui a inspiré le « Dracula » de Bram Stoker (nationalgeographic.com)</a></p>
<p>VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR V V VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR VLAD III L’EMPALEUR</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>YÉTI</title>
		<link>https://www.kernunnoslecodesecret.com/yeti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lugus1967]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 May 2024 13:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MONSTRES ET MERVEILLES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>YÉTI De multiples récits rapportent l&#8217;existence d&#8217;un humanoïde velu et sauvage dans l’Himalaya : le Yéti. Légende populaire ou réalité ? Le yéti, est une créature anthropomorphe du folklore du Népal, de l&#8217;Inde, du Bhoutan et du Tibet. Être légendaire, peut-être né de l&#8217;observation de fossiles de Gigantopithèque par les populations himalayennes. LES LÉGENDES Une créature [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1>YÉTI</h1>
<h2>De multiples récits rapportent l&rsquo;existence d&rsquo;un humanoïde velu et sauvage dans l’Himalaya : le <strong>Yéti</strong>. Légende populaire ou réalité ?</h2>
<h3>Le yéti, est une créature anthropomorphe du folklore du Népal, de l&rsquo;Inde, du Bhoutan et du Tibet. Être légendaire, peut-être né de l&rsquo;observation de fossiles de <strong>Gigantopithèque</strong> par les populations himalayennes.</h3>
<h3>LES LÉGENDES</h3>
<h3>Une créature velue d’apparence simiesque, marchant debout, apparaît dans les légendes des peuples himalayens sous différentes appellations.</h3>
<ul>
<li>
<h3>Yéti qui viendrait du mot <em>yeh-teh</em> qui désigne un « animal des rochers ». Le mot <em>teh</em> signifie plus précisément « ours » en tibétain.</h3>
</li>
<li>
<h3>meh-teh signifierait « homme-ours ».</h3>
</li>
<li>
<h3>dzu-teh, de «dzu », bovin, signifierait « ours-bovin » et désignerait l&rsquo;ours Isabelle.</h3>
</li>
<li>
<h3>migoï ou mi-go signifierait « <strong>homme sauvage</strong> ».</h3>
</li>
<li>
<h3>mirka, serait un autre mot pour « homme sauvage ».</h3>
</li>
<li>
<h3>kang admi signifierait «<strong> homme des neiges</strong> ».</h3>
</li>
<li>
<h3>jobran signifierait « mangeur d&rsquo;homme ».</h3>
</li>
</ul>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1737" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-1-A-300x250.jpg" alt="YÉTI. Peinture contemporaine de deux yétis, executée par un sherpa. Ces représentations sont basées sur la légende du cannibale géant Metoh-kangmi, très répendue à travers le sud du Tibet." width="538" height="448" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-1-A-300x250.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-1-A.jpg 732w" sizes="(max-width: 538px) 100vw, 538px" /></p>
<p>Peinture contemporaine de deux yétis, executée par un sherpa. Ces représentations sont basées sur la légende du cannibale géant Metoh-kangmi, très répendue à travers le sud du Tibet. Source : <em>Les animaux et le sacré</em>, Éditions Albin Michel, Paris, 1995, p.145</p>
<h3>Tout est déjà en place pour le mythe moderne du Yéti.</h3>
<h3>L’ABOMINABLE HOMME DES NEIGES</h3>
<h3>Il existe d’anciens récits sur le Yéti, mot qui désigne dans l’Himalaya un esprit de la montagne.</h3>
<h3>Cependant ce sont les photos d&#8217;empreintes prises en 1951 par l&rsquo;alpiniste Eric Shipton qui ont réellement lancé la légende de « l’abominable homme des neiges ». Un sherpa de l’expédition affirma avoir vu un Yéti à moins de 25 m de distance. Il le décrivit comme un etre mi-homme mi-bete, mesurant 1.60 m avec une tete pointue et le corps recouvert d’un pelage brun-roux.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1738" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-2-247x300.jpg" alt="YÉTI. Eric Shipton a découvert cette empreinte de l’ « abominable homme des neiges » en 1951 et l'a prise en photo. Il a placé son piolet à côté afin de donner une idée de l'échelle." width="377" height="458" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-2-247x300.jpg 247w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-2.jpg 544w" sizes="(max-width: 377px) 100vw, 377px" /></p>
<p>Eric Shipton a découvert cette empreinte de l’ « abominable homme des neiges » en 1951 et l&rsquo;a prise en photo. Il a placé son piolet à côté afin de donner une idée de l&rsquo;échelle. Photographie De Topical Press Agency, Getty. Source : nationalgeographic.fr</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1739" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-3-245x300.jpg" alt="Le terrible Yéti s’attaque à des sherpas, illustration du journal Radar, 1954." width="374" height="458" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-3-245x300.jpg 245w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-3.jpg 511w" sizes="(max-width: 374px) 100vw, 374px" /></p>
<p>Le terrible Yéti s’attaque à des sherpas, illustration du journal Radar, 1954.</p>
<h3>Des traces ont aussi été photographiées en mai 1955, lors de la première expédition française du Makalu. L&rsquo;abbé Pierre Bordet, le géologue de l&rsquo;expédition, a pu suivre ces traces sur plus d&rsquo;un kilomètre et ainsi affirmer qu&rsquo;elles avaient été produites par un animal bipède. Plusieurs de ces photographies ont été publiées dans l&rsquo;édition de Paris Match no 337 du 10 septembre 1955. Ces photos ont inspiré l&rsquo;auteur de bande dessinée Hergé dans son album Tintin au Tibet paru en 1960.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1740" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-4-225x300.jpg" alt="Couverture de Tintin au Tibet. ©Éditions Casterman." width="374" height="499" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-4-225x300.jpg 225w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-4.jpg 396w" sizes="(max-width: 374px) 100vw, 374px" /></p>
<p>Couverture de Tintin au Tibet. ©Éditions Casterman.</p>
<h3>HYPOTHÈSES</h3>
<h3>Les hypothèses les plus communément admises pour identifier le Yéti.</h3>
<h3>GIGANTHOPITHÈQUE</h3>
<h3>Le cryptozologue <strong>Bernard Heuvelmans</strong> a avancé l’hypothèse dès les années cinquante d’une survivance du Giganthopithèque (Gigantopithecus blacki), énorme singe fossile d’une taille estimée entre 2 et 3 m de haut et une masse de l&rsquo;ordre de 200 à 500 kg qui vivait en Asie du Sud-Est (sud de la Chine, ainsi qu’au Viêt Nam, au nord de la Thaïlande et en Indonésie).</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1741" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-5-300x250.png" alt="Comparaison de la taille de Giganthopithecus et d'Homo sapiens." width="536" height="447" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-5-300x250.png 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-5-768x640.png 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-5.png 1024w" sizes="(max-width: 536px) 100vw, 536px" /></p>
<p>Comparaison de la taille de Giganthopithecus et d&rsquo;Homo sapiens. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Cette grande taille fait de cette espèce le plus grand primate connu qui ait jamais existé sur notre planète.  On a retrouvé que des milliers de dents isolées et quelques rares mâchoires d’une grosseur impressionnante. Les restes retrouvés sont insuffisants pour dire si l&rsquo;animal était bipède ou quadrupède.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1742" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-6-300x211.jpg" alt="Mandibule de gigantopithèque, Est de l'Asie. Musée d'histoire naturelle de Cleveland." width="537" height="378" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-6-300x211.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-6.jpg 657w" sizes="(max-width: 537px) 100vw, 537px" /></p>
<p>Mandibule de gigantopithèque, Est de l&rsquo;Asie. Musée d&rsquo;histoire naturelle de Cleveland. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>La première preuve de l’existence de Gigantopithèque est venue de plusieurs dents étiquetées comme des « dents de dragon » achetées chez un apothicaire chinois à Hong Kong par l’anthropologue Ralph von Koenigswald en 1935. Ce singe géant serait apparu il y a un peu plus de 2 millions d’années et on perd sa trace voici à peu près deux cent quinze mille ans. Les dents de grande taille (deux fois plus grosse que celle d’un gorille) et les puissantes mâchoires suggère étaient généralement faites pour broyer une nourriture végétale coriace. On rapproche le régime de ces singes de celui des gorilles et des orang-outans (mais différent de celui du Panda géant), constitué presque intégralement de végétaux. D’après des études génétiques de 2019, le Gigantopithèque est un cousin préhistorique de l’orang outan actuel. Le dernier ancêtre commun de cette espèce et des orang-outans remonterait à environ 10 à 12 millions d’années. Impossible de reconstituer l’animal d’après les dents et quelques mandibules, néanmoins certains le représentent comme un orang-outan surdimensionné, d’autres le dépeignaient comme un gorille géant de couleur noire.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1743" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-7-300x242.png" alt="YÉTI. Représentation hypothétique du Gigantopithecus blacki." width="538" height="434" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-7-300x242.png 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-7.png 512w" sizes="(max-width: 538px) 100vw, 538px" /></p>
<p>Représentation hypothétique du Gigantopithecus blacki. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>En tous cas, la très grande taille de Gigantopithecus blacki et son régime particulier ont été considérés comme les causes de sa disparition lors des épisodes glaciaires qui ont drastiquement réduit le couvert forestier. Le Gigantopithèque trop spécialisé, s’est sans doute révélé incapable de satisfaire son énorme appétit végétarien quand la forêt s’est transformée en savane herbeuse.</h3>
<h3>CRYPTOZOOLOGIE ET MYTHOLOGIE</h3>
<h3>Pour expliquer les croyances qui entourent le Yéti, deux hypothèses entrent en concurrence.</h3>
<h3>En premier, la persistance à travers les âges du souvenir d’un être humanoïde dans la mémoire collective des autochtones, sous forme de légendes ou de contes, voire à travers certaines représentations picturales. C’est le point de vue des mythographes.</h3>
<h3>En second, la survivance réelle d’un hominidé géant dans les vastes étendus himalayennes. C’est le point de vue des cryptozoologues.</h3>
<h3>Les fossiles de Gigantopithèques sont extrêmement rares et on s’apercevra peut-être avec des découvertes à venir qu’il a survécu plus longtemps que ce qui est communément admis et qu’il a croisé Homo Sapiens. On sait maintenant que les mythes crées par l’être humain sont très anciens, élaborés il y a près de cent mille ans en Afrique et colportés au gré des migrations sur tous les continents. Si les populations himalayennes historiques ont rencontré le Gigantopithèque, ils ont transmis le souvenir d’un singe géant sur des générations. À l’instar des légendes sur l’île de Florès qui évoquent les minuscules Ebu Gogo, des créatures humanoïdes de petite taille (1 m de haut) qui marche dressée sur ses jambes (contrairement aux singes). Or en 2003, une équipe d’archéologues australiens a découvert sur cette île des ossements d’<em>Homo floresiensis </em>, un hominidé mesurant environ 1 mètre de haut et pesant entre 12 et 26 kg qui aurait vécu entre -100 000 et -60 000 ans.</h3>
<h3>D’autres supposent que l&rsquo;observation de fossiles de Gigantopithèque (aujourd&rsquo;hui perdus, et plus complets que les quelques dents et mandibules dont nous disposons), par ces populations, a aussi pu donner naissance au mythe du singe géant hantant les vallées perdues de l’Himalaya.</h3>
<h3>Les fossiles toutefois n’expliquent pas les photographies de traces de pas du Yéti.</h3>
<h3>En second ceux qui pense qu’un singe géant existe réellement dans l’Himalaya et qu’en en retrouve des traces jusqu’à aujourd’hui.</h3>
<h3>C’est pourquoi les cryptozoologues<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>, tel Bernard Heuvelmans, pensent que les récits sur les « Hommes-des-neiges » se référaient à trois types d&rsquo;hominidés inconnus : un « Homme sauvage » proche selon lui de l&rsquo;<strong>Homme de Néandertal</strong>.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1744" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-8-300x188.jpg" alt="L’Homme de la Chapelle-aux-Saints, Homme de Néandertal. Cette image d’une homme sauvage proche du singe ne correspond plus aux connaissances scientifiques actuelles. Gravure de Kupka d’après les recherches de M. Boule, extrait du « Illustrated London News » 27 février 1909" width="536" height="336" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-8-300x188.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-8.jpg 636w" sizes="(max-width: 536px) 100vw, 536px" /></p>
<p>L’Homme de la Chapelle-aux-Saints, Homme de Néandertal. Cette image d’une homme sauvage proche du singe ne correspond plus aux connaissances scientifiques actuelles. Gravure de Kupka d’après les recherches de M. Boule, extrait du « Illustrated London News » 27 février 1909 © Mary Evans / Rue des Archives. Présentée sur la mezzanine de la Galerie de l’Homme, espace d’exposition permanent du musée.</p>
<h3>Un « grand Yéti » proche selon lui du Gigantopithèque, et un « petit yéti » proche selon lui du Sivapithèque.</h3>
<h3>Cela fait quand même beaucoup de créatures inconnues, même pour une vaste étendue comme la chaine de l’Himalaya.</h3>
<h3>OURS</h3>
<h3>L’ours peut correspondre à la description du Yéti, un grand bipède velu, puisque qu’il est un des rares mammifères à pouvoir marcher sur ses pattes arrière et devenir ainsi très grand, entre 2 et 3 m de haut. Or des analyses ADN récentes de restes supposés de yétis montrent que cette créature mystérieuse serait en fait un ours des hautes montagnes de l&rsquo;Asie.</h3>
<h3>La directrice de recherche Charlotte Lindqvist de l&rsquo;université de Buffalo, à New York, et son équipe ont examiné neuf échantillons de supposés Yétis himalayens conservés dans des musées et collections particulières. Fragment d&rsquo;os, dent, morceau de peau prélevé sur la patte d&rsquo;un Yéti supposé, devenue une relique religieuse conservée dans un monastère, poils qui ont été collectés dans les montagnes de l&rsquo;Himalaya et le plateau tibétain sur une longue période, allant de la fin des années 1930 à aujourd’hui.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1745" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-9-200x300.jpg" alt="Cet échantillon de poils a été décrit comme provenant d'un Yéti, qu'un prêtre jésuite avait aperçu dans les montagnes népalaises dans les années 1950." width="327" height="491" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-9-200x300.jpg 200w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-9-682x1024.jpg 682w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-9.jpg 760w" sizes="(max-width: 327px) 100vw, 327px" /></p>
<p>Cet échantillon de poils a été décrit comme provenant d&rsquo;un Yéti, qu&rsquo;un prêtre jésuite avait aperçu dans les montagnes népalaises dans les années 1950. Photographie de Icon Films LTD Source : nationalgeographic.fr</p>
<h3>Les échantillons les plus récents comprenaient des poils collectés au Népal par un éleveur nomade et un os de jambe trouvé par un guérisseur spirituel dans une grotte au Tibet.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1746" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-10-300x200.jpg" alt="Le fémur d'un supposé Yéti mis au jour dans une grotte au Tibet." width="539" height="359" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-10-300x200.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-10.jpg 760w" sizes="(max-width: 539px) 100vw, 539px" /></p>
<p>Le fémur d&rsquo;un supposé Yéti mis au jour dans une grotte au Tibet. Photographie de Icon Films. Source : nationalgeographic.fr</p>
<h3>L’équipe scientifique a également réalisé des analyses génétiques de plusieurs sous-espèces d&rsquo;ours originaires de la région, dont l&rsquo;ours brun de l&rsquo;Himalaya (Ursus arctos isabellinus), l&rsquo;ours brun tibétain (Ursus thibetanus laniger).  Au total, 24 échantillons ont été analysés. les 9 échantillons sensés provenir du Yéti ont révélé que huit d&rsquo;entre eux provenaient de diverses espèces d&rsquo;ours indigènes de la région et le neuvième provenant d’un chien.</h3>
<h3>Finalement, les analyses ont démontré que les ours bruns du Tibet sont des cousins proches des ours bruns d&rsquo;Europe et d&rsquo;Amérique du Nord, tandis que les espèces menacées d&rsquo;ours bruns de l&rsquo;Himalaya descendent eux d&rsquo;une lignée plus ancienne qui aurait pu se diviser il y a 650 000 ans durant la glaciation.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1747" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-11-A-300x186.jpg" alt="L’ours bleu du Tibet (Ursus arctos pruinosus) est l’une des sous-espèces d’ours bruns les plus rares au monde." width="539" height="334" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-11-A-300x186.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-11-A.jpg 405w" sizes="(max-width: 539px) 100vw, 539px" /></p>
<p>L’ours bleu du Tibet (<em>Ursus arctos pruinosus</em>) est l’une des sous-espèces d’ours bruns les plus rares au monde. Il est également connu sous le nom d’ours brun tibétain, ou ours bleu de l’Himalaya, (Photo Milo Burchham).</p>
<h3>En début d’article, nous avons repris plusieurs appellations traditionnelles du Yéti qui sont basées sur le mot « ours » : « homme-ours », « ours-bovin ». Donc l’idée qu’ils s’agisse d’un ours est sous-jacente en tibétain. Ce ne sont que des occidentaux qui ont voulu y voir un grand singe. Version beaucoup plus spectaculaire que celle mettant en scène un simple ours, aussi rare soit-il. Il reste les appellations « homme sauvage » ou « homme des neiges » qui peuvent s’expliquer par un tabou qui pèse sut le nom de l’ours, animal redouté par les populations. Son nom a été remplacé par des appellations populaires qui sont des euphémismes, comme « le brun » en germanique, « le mangeur de miel » en slave, « le grand-père de la forêt » en lapon et « bon veau » et « porc à miel » en gaélique irlandais.</h3>
<h3>Le mystère est-il résolu ?</h3>
<h3>En tout cas les légendes au Népal et au Tibet vont continuer à raconter qu&rsquo;un mystérieux homme des neiges couvert de fourrure, appelé Yéti, sème la terreur dans les montagnes enneigées de l’Himalaya difficiles d’accès.</h3>
<h3>©JPS2024</h3>
<h3><a href="https://www.kernunnoslecodesecret.com/">ACCUEIL</a></h3>
<h3>Image mise en avant :</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1749 size-medium" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-12-A-300x155.png" alt="Timbre du Bhoutan représentant le Yéti, 1966" width="300" height="155" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-12-A-300x155.png 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/04/YET-12-A.png 688w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Timbre du Bhoutan représentant le Yéti, 1966.</p>
<h3>BIBLIOGRAPHIE :</h3>
<p>Michel Praneuf, <em>Bestiaire ethno-linguistique des peuples d’Europe</em>, Éditions L’Harmattan, Paris, 2001.</p>
<p><em>Les animaux et le sacré</em>, Éditions Albin Michel, Paris, 1995</p>
<h3>SOURCES :</h3>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%A9ti">Yéti — Wikipédia (wikipedia.org)</a></p>
<h3>NOTES :</h3>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> La cryptozoologie : étude des animaux dont l’existence n’est pas prouvée scientifiquement.</p>
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		<title>MINOTAURE</title>
		<link>https://www.kernunnoslecodesecret.com/minotaure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lugus1967]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Mar 2024 10:56:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MONSTRES ET MERVEILLES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LE MINOTAURE Monstre fabuleux de la mythologie grecque avec un corps d&#8217;homme et une tête d&#8217;un taureau. Le nom du monstre est issu du grec Minốtauros, qui signifie « le taureau de Minos ». Monnaie figurant le Minotaure. Statère frappé à Cnossos vers 420 av. J.-C., porte sur ses deux faces des références à l’histoire [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1>LE MINOTAURE</h1>
<h2>Monstre fabuleux de la mythologie grecque avec un corps d&rsquo;homme et une tête d&rsquo;un taureau. Le nom du monstre est issu du grec <em>Minốtauros</em>, qui signifie « le taureau de Minos ».</h2>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1726" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-1-e1711708705521-293x300.jpg" alt="MINOTAURE. Monnaie figurant le Minotaure. Statère frappé à Cnossos vers 420 av. J.-C." width="538" height="551" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-1-e1711708705521-293x300.jpg 293w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-1-e1711708705521.jpg 488w" sizes="(max-width: 538px) 100vw, 538px" /></p>
<p>Monnaie figurant le Minotaure. Statère frappé à Cnossos vers 420 av. J.-C., porte sur ses deux faces des références à l’histoire de la Crète : à l’avers le Minotaure courant à droite, et au revers un carré rempli de méandres représentant le labyrinthe (voir photo suivante). Source : essentiels.bnf.fr</p>
<h3>LA CONCEPTION DU MONSTRE</h3>
<h3>Le légendaire roi Minos, fils de Zeus et d’Europe, implore Poséidon, dieu de la mer, de lui offrir un superbe taureau pour qu’il puisse le sacrifier au dieu.</h3>
<blockquote>
<h3><em>Le roi de Crète Astérion étant mort sans enfants, on refusa à Minos le royaume auquel il prétendait. Il fit donc croire qu&rsquo;il avait reçu la royauté de la part des dieux, et pour le prouver, ajouta qu&rsquo;il obtiendrait la réalisation de n&rsquo;importe laquelle de ses prières. Il implora Poséidon de lui offrir un superbe animal qu&rsquo;il lui sacrifierait. Alors qu&rsquo;il priait, Poséidon fit surgir des profondeurs et sortir des flots un magnifique taureau blanc</em><a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a><em>.</em></h3>
</blockquote>
<h3>Mais l’animal est si magnifique que Minos décide de le garder pour lui. Il s’attire ainsi la colère et la vengeance de Poséidon. Le dieu de la mer le punit en faisant en sorte que l’épouse de Minos tombe éperdument amoureuse de l’animal.</h3>
<blockquote>
<h3><em>Minos obtint ainsi le trône, cependant, il trouvait l&rsquo;animal si beau qu&rsquo;il décida de tromper le souverain des mers en mettant le taureau dans son cheptel et d&rsquo;en sacrifier un autre. Minos obtint assez rapidement le contrôle des mers autour de son île mais Poséidon, irrité qu&rsquo;il n&rsquo;ait pas honoré sa parole, rendit le taureau sauvage et fit naître en Pasiphaé, originaire d&rsquo;Axos, la femme de Minos, une passion pour lui. Devenue folle amoureuse du taureau, Pasiphaé trouva un complice en la personne de Dédale, un architecte qui avait été exilé d&rsquo;Athènes pour meurtre. Celui-ci construisit une vache de bois qu&rsquo;il mit sur des roues, en creusa l&rsquo;intérieur, puis il y ajouta la peau d&rsquo;une vache qu&rsquo;il venait de dépecer, et, l&rsquo;ayant placée dans une prairie où le taureau avait coutume de paître, près de Gortyne, il y fit entrer Pasiphaé. Le taureau arriva et s&rsquo;accoupla avec elle comme si elle était une véritable vache. Pasiphaé donna ainsi naissance à Astérios, ou Astérion, qu&rsquo;on appelle le Minotaure : il avait la tête d&rsquo;un taureau et le reste du corps d&rsquo;un homme</em><a href="#_ftn2" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a><em>.</em></h3>
</blockquote>
<h3>Minos furieux, ordonne à Dédale, un inventeur de talent, de construire un labyrinthe souterrain pour y emprisonner le monstre hybride afin qu’il ne puisse s&rsquo;en échapper et que nul ne découvre son existence.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1728" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-1-1-e1711708753618-288x300.jpg" alt="MINOTAURE. Monnaie figurant le labyrinthe. Statère frappé à Cnossos vers 420 av. J.-C." width="535" height="557" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-1-1-e1711708753618-288x300.jpg 288w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-1-1-e1711708753618.jpg 480w" sizes="(max-width: 535px) 100vw, 535px" /></p>
<p>Monnaie figurant le labyrinthe. Statère frappé à Cnossos vers 420 av. J.-C., porte sur ses deux faces des références à l’histoire de la Crète : à l’avers le Minotaure courant à droite, et au revers un carré rempli de méandres représentant le labyrinthe (voir photo précédente). Source : essentiels.bnf.fr</p>
<h3>LE SACRIFICE DES JEUNES GENS</h3>
<h3>Le règne de Minos est principalement marqué par l’assassinat de son fils Androgée. Afin de ne pas laisser le meurtre impuni, le roi fait la guerre aux Athéniens. Il exige d’eux un tribut. Tous les neuf ans, Égée, roi d&rsquo;Athènes, sera contraint de livrer sept garçons et sept filles au Minotaure qui seront dévorés par le monstre.</h3>
<h3>Thésée, l’un des plus grands héros grecs, propose aux Athéniens de les délivrer de ce tribut sanglant et s’embarque avec les futures victimes. Il réussit à s’introduire dans le labyrinthe grâce à Ariane. Le combat du Minotaure avec Thésée est détaillé par Apollodore :</h3>
<blockquote>
<h3><em>Tous les neuf ans, sept jeunes garçons et sept jeunes filles étaient envoyés en sacrifice en Crète, en expiation du meurtre d&rsquo;Androgée, fils de Minos, par Égée, roi d&rsquo;Athènes. Une année, Thésée, le propre fils d&rsquo;Égée, fut tiré au sort parmi les jeunes gens destinés au sacrifice. En arrivant en Crète, Thésée rencontra Ariane, la fille de Minos, qui tomba amoureuse de lui et à qui il promit le mariage. Sachant ce qui l&rsquo;attendait, elle lui donna une bobine de fil afin qu&rsquo;il la déroulât dans le labyrinthe et pût retrouver son chemin s&rsquo;il ressortait vivant du combat. Thésée trouva le Minotaure, le tua, à mains nues et retrouva son chemin dans le labyrinthe grâce à la bobine déroulée</em><a href="#_ftn3" name="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a><em>.</em></h3>
</blockquote>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1729" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-5-300x273.jpg" alt="Thésée tuant le Minotaure, art attique, amphore à col à figures noires : Ariane Thésée, le Minotaure et Pasiphaé (ou les jeunes filles sauvées par Thésée), à noter le corbeau entre les jambes du héros, vers 540 - 530 avant J.-C." width="536" height="488" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-5-300x273.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-5.jpg 489w" sizes="(max-width: 536px) 100vw, 536px" /></p>
<p>Thésée tuant le Minotaure, art attique, amphore à col à figures noires : Ariane Thésée, le Minotaure et Pasiphaé (ou les jeunes filles sauvées par Thésée), à noter le corbeau entre les jambes du héros, vers 540 &#8211; 530 avant J.-C., Cambridge, Harvard University Art Museums. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>LE TAUREAU DE CRÈTE</h3>
<h3>Il existe un autre épisode dans la mythologie grecque qui met en scène un taureau. Il s’agit de la capture du taureau crétois lors du septième travail d&rsquo;Héraklès. Ce taureau est assimilé, selon les auteurs, soit au taureau blanc offert par Poséidon à Minos pour être sacrifié, dont Pasiphaé tomba amoureuse et avec qui elle conçut le Minotaure, soit au taureau dont Zeus prit la forme pour enlever Europe et l&rsquo;amener en Crète.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1730" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-4-300x286.jpg" alt="MINOTAURE. Héraklès et le Taureau de Crète. Détail d'un lécythe attique à figures noires, vers 480-470 av. J.-C." width="537" height="512" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-4-300x286.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-4-768x732.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-4.jpg 800w" sizes="(max-width: 537px) 100vw, 537px" /></p>
<p>Héraklès et le Taureau de Crète. Détail d&rsquo;un lécythe attique à figures noires, vers 480-470 av. J.-C. Découvert à Athènes. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Les deux mythes de Thésée et Héraklès ont en commun, l’affrontement entre un héros et un taureau, même si dans le cas de Thésée c’est une créature hybride homme/taureau.</h3>
<h3>LE TAUREAU ET LES ÉTOILES</h3>
<h3>Dans les textes anciens, le minotaure porte aussi le nom d’Astérios, ou Astérion, du nom du roi de Crète Astérion à qui Zeus avait confié Minos, fruit de son union avec Europe.</h3>
<h3>Astérion vient du grec ancien et signifie « petite étoile ». On peut légitimement se demander si ces taureaux crétois, y compris le Minotaure ne sont pas des projections de la constellation du Taureau. Figure céleste que l’on retrouve sur le chaudron de Gundestrup et qui est sacrifié par Orion.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1517" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/dragon-b-290x300.jpg" alt="Plaque du fond du chaudron de Gundestrup. " width="538" height="557" /></p>
<p>Plaque du fond du chaudron de Gundestrup, Ier siècle av. J.-C., Argent doré, © Copenhague, Nationalmuseet.</p>
<h3>Thésée, comme Héraklès est-il un avatar d’Orion ?</h3>
<h3>La présence d’un corbeau sur une des amphores évoquées dans cet article semble en tous cas le suggérer. Car, outre son fidèle chien, un des élément caractérisant Orion est un corbeau, parfois deux.</h3>
<h3>Voir à ce propos <a href="https://www.lecodesecretdesdruides.com/le-chaudron-de-gundestrup-et-l-astronomie/">SAISON 1 ÉPISODE 5</a> Le chaudron de Gundestrup et l’astronomie</h3>
<h3><a href="https://www.lecodesecretdesdruides.com/ogmios/">SAISON 2 ÉPISODE 5</a> Orion et Héraklès</h3>
<h3><a href="https://www.lecodesecretdesdruides.com/mithra/">SAISON 2 ÉPISODE 7</a> Orion et Mithra</h3>
<h3><a href="https://www.lecodesecretdesdruides.com/dieux-celtes-et-animaux/">Voir également SAISON 2 ANNEXE 2</a> Dieux celtes et animaux, la genèse des dieux aux caractéristiques animales</h3>
<h3>©JPS2024</h3>
<h3><a href="https://www.kernunnoslecodesecret.com/">ACCUEIL</a></h3>
<h3>Image mise en avant :</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-1727" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-3-289x300.png" alt="" width="289" height="300" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-3-289x300.png 289w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/MINO-3.png 481w" sizes="(max-width: 289px) 100vw, 289px" /></p>
<p>Monnaie figurant le Minotaure. Statère frappé à Cnossos vers 420 av. J.-C., porte sur ses deux faces des références à l’histoire de la Crète : à l’avers le Minotaure courant à droite, et au revers un carré rempli de méandres représentant le labyrinthe (voir photo suivante). Source : essentiels.bnf.fr</p>
<h3>NOTES :</h3>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Apollodore, Bibliothèque, III, 1, 3.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Apollodore, Bibliothèque, III, 1, 3.</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Apollodore, Bibliothèque, Épitomé, I, 1-24.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Minotaure#:~:text=Dans%20la%20mythologie%20grecque%2C%20le,par%20Minos%20dans%20le%20labyrinthe.">Minotaure — Wikipédia (wikipedia.org)</a></p>
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		<title>CENTAURE</title>
		<link>https://www.kernunnoslecodesecret.com/centaure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lugus1967]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Mar 2024 16:22:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MONSTRES ET MERVEILLES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LE CENTAURE ORIGINE DES CENTAURES Dans la mythologie grecque, un centaure est une créature mi-homme, mi-cheval. Les centaures sont les descendants d’Ixion, roi de Thessalie, qui a tenté de s’unir à la déesse Héra. Pour tromper Ixion, Zeus façonne un nuage ayant la forme d’Héra qui est nommée Néphélé (de nephos « nuage »). La ruse réussit [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1>LE CENTAURE</h1>
<h2>ORIGINE DES CENTAURES</h2>
<h3>Dans la mythologie grecque, un centaure est une créature mi-homme, mi-cheval. Les centaures sont les descendants d’Ixion, roi de Thessalie, qui a tenté de s’unir à la déesse Héra. Pour tromper Ixion, Zeus façonne un nuage ayant la forme d’Héra qui est nommée Néphélé (de <em>nephos</em> « nuage »). La ruse réussit et de cette union entre Ixion et Néphélé naît Centauros qui s’accouple ensuite avec les juments de Magnésie, donnant ainsi naissance aux centaures, des créatures magiques, mi-hommes mi-chevaux. On les représente comme des humains de la tête à la taille, greffés au-dessus du corps d&rsquo;un cheval sans cou ni tête. Ces créatures hybrides allient la puissance et la vitesse du cheval à l’intelligence et aux émotions des hommes. Les centaures se nourrissent de viande crue et vivent dans les forêts de Thessalie. Leurs mœurs brutales, leur amour immodéré du vin et des femmes les rendent dangereux pour les mortels. Seuls deux d’entre eux, Pholos et Chiron, se distinguent de leurs semblables par leur bonté et leur sagesse exemplaire.</h3>
<h3>Parmi les plus célèbres centaures, il faut citer Chiron (centaure connu pour sa sagesse, qui sert de précepteur à de nombreux héros grecs dont Achille et Jason), Pholos (un centaure ami d&rsquo;Héraclès) et Nessos (un centaure sauvage qui tente d&rsquo;enlever l&rsquo;épouse d&rsquo;Héraclès Déjanire, avant d&rsquo;être tué par lui).</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1691" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-1-e1709394848558-146x300.jpg" alt="CENTAURE. Statuette d’un centaure. La blessure à la jambe infligée par Héraclès à Chiron, visible ici, permet d'identifier cette statue à Chiron. C'est la première représentation d'un centaure en trois dimensions. Vers 1000 av. J.-C., Musée archéologique d'Érétrie, Eubée, Grèce." width="298" height="612" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-1-e1709394848558-146x300.jpg 146w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-1-e1709394848558.jpg 272w" sizes="(max-width: 298px) 100vw, 298px" /></p>
<p>Statuette d’un centaure. La blessure à la jambe infligée par Héraclès à Chiron, visible ici, permet d&rsquo;identifier cette statue à Chiron. C&rsquo;est la première représentation d&rsquo;un centaure en trois dimensions. Vers 1000 av. J.-C., Musée archéologique d&rsquo;Érétrie, Eubée, Grèce. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Plusieurs mythes évoquent les centaures.</h3>
<h3>LES CENTAURES DANS LA MYTHOLOGIE</h3>
<h3>L&rsquo;AGRESSION D&rsquo;ATALANTE</h3>
<h3>Les deux centaures, Hyléos et Rhoécos veulent abuser de la vierge chasseresse Atalante, mais sont transpercés par ses flèches.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1692" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-2-300x168.jpg" alt="CENTAURE. Gravure d'Atalante tuant les centaures Hyléos et Rhoécos,1841." width="536" height="300" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-2-300x168.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-2-768x430.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-2.jpg 816w" sizes="(max-width: 536px) 100vw, 536px" /></p>
<p>Gravure d&rsquo;Atalante tuant les centaures Hyléos et Rhoécos,1841. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>LE COMBAT CONTRE LES LAPITHES</h3>
<h3>Les centaures du Mont Pélion ont pour voisins les Lapithes. Lors du mariage du roi des Lapithes Pirithoos avec Hippodamie, plusieurs centaures ivres, notamment Eurytion, tentent de violer Hippodamie. Un combat s&rsquo;engage, au cours duquel de nombreux centaures sont tués.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1693" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-3-300x272.jpg" alt="CENTAURE. Centaure combattant un Lapithe, métope du Parthénon, British Museum." width="456" height="413" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-3-300x272.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-3.jpg 660w" sizes="(max-width: 456px) 100vw, 456px" /></p>
<p>Centaure combattant un Lapithe, métope du Parthénon, British Museum. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>LE COMBAT CONTRE HÉRAKLÈS</h3>
<h3>Tandis qu&rsquo;il traque le sanglier d&rsquo;Érymanthe, Héraclès est un temps l&rsquo;hôte du centaure Pholos. Lors d’un repas le héros sent venir la soif en voyant un grand tonneau de vin. Héraklès exprime le souhait d’en boire, mais Pholos refuse car c&rsquo;est un bien commun des centaures. Sur l&rsquo;insistance du héros, il s&rsquo;y résout. Les autres centaures, sentant l&rsquo;odeur du vin, deviennent alors furieux et se jettent armés de lances et de massues sur Héraclès. Celui-ci leur tire dessus à l&rsquo;aide de flèches empoisonnées et en tue plusieurs. Alors qu&rsquo;il donne une sépulture aux centaures morts, Pholos se blesse avec l&rsquo;une des flèches d&rsquo;Héraclès, empoisonnée par le sang de l&rsquo;hydre de Lerne et meurt.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1694" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-4-e1709395069467-300x213.jpg" alt="CENTAURE. Héraklès et Eurytion, détail d'un vase du VIe siècle av. J.C., Paul Getty Museum, Malibu." width="539" height="383" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-4-e1709395069467-300x213.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-4-e1709395069467.jpg 605w" sizes="(max-width: 539px) 100vw, 539px" /></p>
<p>Héraklès et Eurytion, détail d&rsquo;un vase du VI<sup>e </sup>siècle av. J.C., Paul Getty Museum, Malibu. Source : theoi.com</p>
<h3>Le héros poursuit les autres centaures.</h3>
<h3>MORT DE CHIRON ET DISPERSION DES CENTAURES</h3>
<h3>Les centaures, traqués par Héraclès, se réfugient chez Chiron. Le héros utilise ses flèches empoisonnées et en décoche une par erreur sur Chiron, son ancien tuteur. Celui-ci, rongé de douleurs, mais ne pouvant mourir parce qu&rsquo;il est immortel, obtient finalement de Zeus que celui-ci lui retire son immortalité et meurt.</h3>
<h3>UN CENTAURE EXCEPTIONNEL</h3>
<h3>Contrairement aux autres centaures, Chiron est immortel, réputé pour sa grande sagesse et ses nombreuses connaissances. On lui confie l’éducation de nombreux héros qui deviennent ses disciples, notamment Achille, Héraclès, Asclépios et les Dioscures.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1695" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-5-289x300.jpg" alt="Chiron instruisant le jeune Achille. Fresque de l'Herculanum." width="456" height="473" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-5-289x300.jpg 289w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-5.jpg 522w" sizes="(max-width: 456px) 100vw, 456px" /></p>
<p>Chiron instruisant le jeune Achille. Fresque de l&rsquo;Herculanum. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>NESSOS</h3>
<h3>Après la mort de Chiron et la dispersion des centaures, Nessos se fixe sur les bords du fleuve Événos. il vit en faisant payer la traversée aux voyageurs. Héraklès accompagné de sa femme Déjanire, cherche à traverser l&rsquo;Événos. Nessos lui propose de se charger de Déjanire. Héraclès accepte, mais ayant traversé le fleuve, il entend les cris de sa femme dont Nessos essaie d&rsquo;abuser sur l&rsquo;autre rive. Il existe plusieurs retranscriptions du mythe. Lors d’un combat Héraklès étouffe le centaure Nessos ou dans une autre version le héros décoche une de ses flèches enduites du poison de l&rsquo;Hydre de Lerne sur le centaure..</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1696" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-6.png" alt="Héraklès combattant Nessos, amphore attique à figures noires, v. 620–610 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes." width="452" height="519" /></p>
<p>Héraklès combattant Nessos, amphore attique à figures noires, v. 620–610 av. J.-C., Musée national archéologique d&rsquo;Athènes. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>UN CENTAURE DANS LE CIEL ÉTOILÉ</h3>
<h3>Dans la mythologie grecque, Crotos ou Krotos est un centaure, fils de Pan et Euphémé. Crotos est réputé pour être à la fois un excellent chasseur et un admirateur dévoué des Muses et de leurs arts. Il est considéré comme ayant inventé l&rsquo;arc et être le premier à utiliser arc et des flèches pour chasser les animaux. Crotos en tant que centaure tirant à l’arc est devenu l&rsquo;incarnation de la constellation du Sagittaire.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1697" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-7-e1709395237538.jpg" alt="Constellation du Sagittaire, associée à Crotos. (Folio 52v du manuscrit des Aratea de Leyde)." width="455" height="524" /></p>
<p>Constellation du Sagittaire, associée à Crotos. (Folio 52v du manuscrit des Aratea de Leyde). (Wikimedia Commons).</p>
<h3>DES HOMMES-CHEVAUX</h3>
<h3>Les centaures sont décrit dans les mythes sous l’aspect d’hommes-chevaux. Une des explications de cette hybridation veut que pour les Grecs, les Thessaliens, habiles dans l’art de l’équitation, ne faisaient qu’un avec leurs montures. La même théorie a été avancée à propos des Scythes qui sont également à l’origine des Amazones, un peuple de femmes guerrières.</h3>
<h3>LE CHEVAL ANDROCÉPHALE DES CELTES</h3>
<h3>Il existe également chez les Celtes une créature mi-homme mi-cheval : le cheval androcéphale, c’est-à-dire le cheval à tête humaine. Ce motif est présent sur de nombreuses pièces de monnaies celtiques de l&rsquo;Antiquité frappées par des peuples celtes établis sur la façade atlantique, surtout en Armorique (Vénètes, Aulerques Cénomans et Trévires). Il orne également un couvercle de cruche retrouvé à Reinheim dans l&rsquo;ouest de l&rsquo;Allemagne.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1700" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-8-A-A-211x300.png" alt="Statuette de cheval à tête humaine entourée de la double feuille de gui qui orne le couvercle de la cruche cérémonielle à bec de la tombe de la princesse de Reinheim, vers 400-450 av. J.-C., Sarre, Allemagne." width="373" height="530" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-8-A-A-211x300.png 211w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-8-A-A.png 443w" sizes="(max-width: 373px) 100vw, 373px" /></p>
<p>Statuette de cheval à tête humaine entourée de la double feuille de gui qui orne le couvercle de la cruche cérémonielle à bec de la tombe de la princesse de Reinheim, vers 400-450 av. J.-C., Sarre, Allemagne. Source : Venceslas Kruta, <em>L’art des Celtes</em>, Les Éditions Phaidon, Paris, 2015, p.60.</p>
<h3>Le cheval androcéphale est un motif exclusivement celtique, doté d&rsquo;une tête humaine masculine, sans buste ni bras, contrairement au centaure grec. Son pénis est généralement mis en évidence pour symboliser sa virilité. Plus rarement, il est figuré ailé ; c&rsquo;est le cas chez les Aulerques Cénomans.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1701" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-10-A-293x300.png" alt="Cheval androcéphale ailé sur un statère en or des Cénomans, daté du Ier siècle av. J.-C." width="473" height="484" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-10-A-293x300.png 293w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-10-A.png 626w" sizes="(max-width: 473px) 100vw, 473px" /></p>
<p>Cheval androcéphale ailé sur un statère en or des Cénomans, daté du I<sup>er</sup> siècle av. J.-C. Description : cheval androcéphale galopant à droite, conduit par un aurige tenant devant lui un étendard (?), derrière, une roue du char est figurée, sous le cheval, un personnage est à terre. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Ce n’est donc pas une créature inspirée de la mythologie grecque. Le cheval androcéphale est fréquemment figuré courant vers la droite, sur le revers des pièces de monnaie. Il peut aussi tirer un char. Il peut être accompagné de représentations de personnages terrassés sous ses sabots. Ces personnages sont souvent ailés. Enfin, le cheval androcéphale peut être guidé dans sa course folle par un aurige.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1702" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-11-A-300x294.png" alt="Cheval androcéphale sur un statère frappé par les Andécaves (région d'Angers) daté du Ier siècle avant J.-C." width="469" height="460" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-11-A-300x294.png 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-11-A.png 597w" sizes="(max-width: 469px) 100vw, 469px" /></p>
<p>Cheval androcéphale sur un statère frappé par les Andécaves (région d&rsquo;Angers) daté du I<sup>er</sup> siècle avant J.-C. Description : cheval androcéphale galopant à droite, conduit par un aurige étendant la main gauche ; vexillum devant le cheval et un personnage ailé replié sur lui-même entre les jambes du cheval. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>La signification d’un tel attelage fantastique reste obscure.</h3>
<h3>LE CONDUCTEUR DES MORTS</h3>
<h3>Le cheval androcéphale de Reinheim dont la tête est ornée de deux feuilles de gui a été découvert dans le contexte d’une sépulture.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1703" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-12-176x300.jpg" alt="Gui (Viscum album) Planche Flore médicinale de Chaumeton 1828." width="298" height="508" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-12-176x300.jpg 176w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-12.jpg 187w" sizes="(max-width: 298px) 100vw, 298px" /></p>
<p>Gui (<em>Viscum album</em>) Planche Flore médicinale de Chaumeton 1828.</p>
<h3>On peut avancer avec prudence l’idée que cet étrange cheval tient un rôle de « psychopompe », un animal chargé de porter les âmes des défunts vers l’Autre Monde. Ce rôle est attesté pour le cheval dans de multiples civilisations, notamment chez les Grecs et les Étrusques, où il fait partie du statuaire mortuaire. Le cheval permet de pénétrer dans le monde des défunts, tandis que le gui, appelé le rameau d’or par Virgile dans son Énéide, permet de pénétrer et de ressortir vivant du royaume des morts.</h3>
<blockquote>
<h3><em>Rejeton du sang des dieux, Troyen fils d’Anchise, facile est la descente à l’Averne : nuit et jour est ouverte la porte du noir Pluton. Mais revenir sur ses pas, sortir et parvenir à l’air d’en haut, c’est la grande affaire, c’est la vraie épreuve</em><a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a><em>.</em></h3>
</blockquote>
<h3>Il est facile de pénétrer le monde des morts, mais en revenir est le vrai défi. Le rameau de gui est considéré en quelque sorte comme un laissez-passer pour le royaume des morts. Alors conducteur de char qui mène le cheval androcéphale renverse-t-il la mort ?</h3>
<h3>Figurée ici comme un personnage ailé.</h3>
<h3>LE RAMEAU D’OR</h3>
<h3>Sur une autre monnaie le conducteur de char tient une branche dans sa main avec trois rameaux. Sur ces derniers sont figurés trois boules.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1704" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-13-300x300.jpg" alt="Centaure. Statère Vénète, Ier siècle av. J.-C., Cheval androcéphale." width="473" height="473" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-13-300x300.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-13-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 473px) 100vw, 473px" /></p>
<p>Statère Vénète, I<sup>er </sup>siècle av. J.-C., Cheval androcéphale, conduit par un aurige tenant les rênes et une branche dont les rameaux sont terminés par trois points, à laquelle est attaché un étendard carré et frangé. La roue du char est visible. Sous le cheval, un personnage allongé, muni d »une aile déployée, un crochet partant de sa jambe. Source : numisbids.com</p>
<h3>Le gui qui reste vert même en hiver est un symbole d’immortalité. Les baies devenues blanches et translucides en décembre se constituent en groupe de trois.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1705" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-14-300x100.jpg" alt="Morphologie des baies de gui." width="534" height="178" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-14-300x100.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-14-1024x341.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-14-768x256.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-14.jpg 1386w" sizes="(max-width: 534px) 100vw, 534px" /></p>
<p>Morphologie des baies de gui. Source : biologie.ens-lyon.fr</p>
<h3>Ce qui signifie que non seulement le conducteur du char tient un rameau de gui dans sa main pour pénétrer le royaume des morts, mais il renverse la mort pour en ressortir. Le passage d’une vie vers une autre.</h3>
<h3>LES DRUIDES ET LA MORT</h3>
<h3>L’image sur cette monnaie illustre bien la phrase que disent les druides : la mort n’est que le milieu d’une longue vie.</h3>
<blockquote>
<h3><em>Vous aussi poètes, vous qui avez par vos louanges conduit à l’éternité les âmes courageuses de ceux qui sont morts au combat, vous qui sans peur avez répandu de nombreux chants, vous les bardes. Et vous druides qui une fois la guerre terminée vous avez repris vos rites barbares et votre sinistre coutume des sacrifices. À vous seuls il a été donné de connaître les dieux, les divinités du ciel, à vous seuls il a été donné de les ignorer. Vous habitez au fond des forêts dans des bois reculés. Pour vous les ombres ne recherchent pas les demeures silencieuses de l&rsquo;Erèbe ni le blême royaume souterrain de Pluton. Un même souffle dirige nos membres dans un autre monde. Si vous chantez la vérité, la mort est le milieu d&rsquo;une longue vie. Ils sont donc heureux dans leur erreur ces peuples que regarde la Grande Ourse : la plus grande peur, celle de la mort, ne les accable pas. À cause de cela il y a chez les hommes un esprit enclin à prendre les armes, des âmes capables de mourir et l&rsquo;idée qu&rsquo;il est lâche d&rsquo;épargner une vie qui doit renaître</em><a href="#_ftn2" name="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a><em>.</em></h3>
</blockquote>
<h3>Comme le mythe est perdu, on ne connaîtra sans doute jamais la réelle identité du cheval androcéphale. Il reste un espoir : le chaudron de Gundestrup</h3>
<h3>Voir à ce propos <a href="https://www.lecodesecretdesdruides.com/le-cheval-androcephale/">SAISON 2 ANNEXE 27</a> Le cheval androcéphale de Celtes et le Maître des animaux</h3>
<h3>©JPS2024</h3>
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<h3>Image mise en avant :</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1706" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-15.jpg" alt="Centaure, à gauche, tenant un globe dans la main droite et une massue dans la main gauche. Empire romain. Gallien (253-268 apr. J.-C.)" width="378" height="378" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-15.jpg 229w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/03/CEN-15-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 378px) 100vw, 378px" /></p>
<p>Centaure, à gauche, tenant un globe dans la main droite et une massue dans la main gauche. Empire romain. Gallien (253-268 apr. J.-C.). Source : catawiki.com</p>
<p>NOTES :</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Vigile, L’Énéide, Chant VI, 124-148, Traduction Paul Veyne, Albin Michel / Les Belles Lettres, Paris, 2012.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Lucain, I, 447 – 462.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Centaure#:~:text=Dans%20la%20mythologie%20grecque%2C%20un,de%20former%20les%20jeunes%20h%C3%A9ros.">Centaure — Wikipédia (wikipedia.org)</a></p>
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		<item>
		<title>L’ANNÉE DU DRAGON</title>
		<link>https://www.kernunnoslecodesecret.com/l-annee-du-dragon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lugus1967]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Feb 2024 17:50:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MONSTRES ET MERVEILLES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’ANNÉE DU DRAGON Le Nouvel An chinois sera célébré le samedi 10 février 2024 à la nouvelle lune. Il marquera le début de l’année du Dragon de bois. UN CALENDRIER LUNA IRE Le calendrier chinois est basé sur les phases de la Lune Le premier jour de chaque mois commence avec la nouvelle lune. Dans le calendrier [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1>L’ANNÉE DU DRAGON</h1>
<h2 class="jsx-3283486706 ArticleChapo__List_Item"><span class="jsx-3283486706 ArticleChapo__Point ArticleChapo__Point__0">Le Nouvel An chinois sera célébré le samedi 10 février 2024 à la nouvelle </span>lune. Il marquera le début de l’année du Dragon de bois.</h2>
<h3>UN CALENDRIER LUNA IRE</h3>
<h3>Le calendrier chinois est basé sur les phases de la Lune Le premier jour de chaque mois commence avec la nouvelle lune.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1661" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-1-300x169.jpg" alt="L’ANNÉE DU DRAGON. Les phases de la Lune en images." width="802" height="452" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-1-300x169.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-1-1024x576.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-1-768x432.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-1-1536x864.jpg 1536w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-1-800x450.jpg 800w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-1.jpg 1920w" sizes="(max-width: 802px) 100vw, 802px" /></p>
<p>Dans le calendrier chinois, les mois sont lunaires. Le premier jour de chaque mois commence avec la nouvelle lune et le quinzième jour avec la pleine lune. Source : starwalk.space</p>
<h3>Le Nouvel An chinois commence lors de la deuxième nouvelle lune après le solstice d’hiver. Dans le calendrier occidental, ce nouvel an tombe toujours entre le 21 janvier et le 20 février. En 2024, cette fête est célébrée le 10 février. Les festivités durent deux semaines et se terminent avec la fête des lanternes.</h3>
<h3>Ce nouvel an lunaire, fête du printemps, est non seulement célébré en Chine, mais également en Corée du Sud, au Tibet, au Vietnam, en Indonésie, en Malaisie et bien sûr dans tous le Chinatown de la planète.</h3>
<h3>Les festivités sont accompagnées de feux d’artifices et de danses traditionnelles des lions et du dragon.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1662" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-2-A-300x185.jpg" alt="L’ANNÉE DU DRAGON. Des villageois exécutent la danse du dragon dans la ville ancienne de Zhaiying du district autonome Miao de Songtao à Tongren, dans la province chinoise du Guizhou (sud-ouest), le 28 février 2018." width="829" height="511" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-2-A-300x185.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-2-A-768x472.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-2-A.jpg 899w" sizes="(max-width: 829px) 100vw, 829px" /></p>
<p>Des villageois exécutent la danse du dragon dans la ville ancienne de Zhaiying du district autonome Miao de Songtao à Tongren, dans la province chinoise du Guizhou (sud-ouest), le 28 février 2018. Un festival artistique et culturel mettant à l&rsquo;honneur la danse du dragon. (Photo : Qin Gang)</p>
<h3>LES DOUZE SIGNES DU ZODIAQUE CHINOIS</h3>
<h3>Basé sur l’astronomie et les données calendaires traditionnelles, l’astrologie chinoise comporte 12 signes : le rat, le bœuf, le tigre, le lapin, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre, le singe, le coq, le chien et le cochon.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1663" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-3-300x300.png" alt="L’ANNÉE DU DRAGON. Le zodiaque chinois et ses douze signes." width="539" height="539" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-3-300x300.png 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-3-150x150.png 150w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-3.png 500w" sizes="(max-width: 539px) 100vw, 539px" /></p>
<p>Le zodiaque chinois et ses douze signes. Source : com-chine.fr</p>
<h3>Chaque signe se combine avec un des cinq éléments : Bois, Feu, Terre, Métal, Eau.</h3>
<h3>En 2024, le dragon sera associé à l’élément bois, ce qui ne se reproduira que dans 60 ans. le Dragon est l’animal le plus puissant du zodiaque chinois, symbole de chance et de réussite.</h3>
<h3>LE SIGNE DU DRAGON</h3>
<h3>Parmi les 12 signes astrologiques, le dragon est le seul animal fictif. C’est un monstre hybride, un assemblage de différents animaux. Il a le corps d’un serpent, la tête d’un chameau, les pattes griffues d’un aigle, la peau écailleuse d’une carpe et des bois de cervidé.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1664" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-4-A-300x196.jpg" alt="Deux dragons dans les nuages peint par l’artiste japonais Kano Hogai, 1885." width="833" height="544" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-4-A-300x196.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-4-A.jpg 765w" sizes="(max-width: 833px) 100vw, 833px" /></p>
<p>Deux dragons dans les nuages peint par l’artiste japonais Kano Hogai, 1885. Philadelphia Museum of Art.</p>
<h3>L’image du dragon est positive en Extrême-Orient, il représente : la chance, la bonté, l’intelligence et la richesse.</h3>
<h3>Cet animal symbolise également la force et le pouvoir. Il était l’emblème de la famille impériale.</h3>
<h3>©JPS2024</h3>
<h3><a href="https://www.kernunnoslecodesecret.com/">ACCUEIL</a></h3>
<h3>Image mise en avant :</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone  wp-image-1665" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-5-300x225.jpg" alt="" width="536" height="402" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-5-300x225.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/02/DRA-CHI-5.jpg 691w" sizes="(max-width: 536px) 100vw, 536px" /></p>
<p>Détail du mur des neuf dragons du Parc Beihai (Palais d’hiver). Source : rue2provence.com</p>
<p>Pour en savoir plus sur le dragon oriental :</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dragon_oriental">Dragon oriental — Wikipédia (wikipedia.org)</a></p>
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		<title>LA TARASQUE DE NOVES</title>
		<link>https://www.kernunnoslecodesecret.com/la-tarasque-de-noves/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lugus1967]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Feb 2024 16:40:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MONSTRES ET MERVEILLES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LA TARASQUE DE NOVES Le Musée Lapidaire d’Avignon recèle un trésor d’une valeur inestimable : l’objet extraordinaire que l’on nomme à défaut d’autre chose la « Tarasque de Noves ». Comme le chaudron de Gundestrup, cet étrange objet révèle un pan entier des croyances des druides. Il s’agit d’une statue de grande taille de 1.18 m de haut, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1>LA TARASQUE DE NOVES</h1>
<h2>Le Musée Lapidaire d’Avignon recèle un trésor d’une valeur inestimable : l’objet extraordinaire que l’on nomme à défaut d’autre chose la « Tarasque de Noves ». Comme le chaudron de Gundestrup, cet étrange objet révèle un pan entier des croyances des druides.</h2>
<h3>Il s’agit d’une statue de grande taille de 1.18 m de haut, taillée dans du calcaire qui représente un animal fantastique. Ce dernier dénommée également monstre androphage c&rsquo;est-à-dire « mangeur d’homme », dont les pattes antérieures sont posées sur deux têtes masculines tandis que le monstre tient dans sa gueule un corps humain dont il ne subsiste qu’un bras et une jambe. L’animal fantastique est un mâle puisqu’il doté d’un sexe dressé. L’œuvre est datée entre 50 av. J.-C. et les premières années de notre ère. Fortuitement découverte au XIX<sup>e </sup>siècle près du Puech de Noves.</h3>
<h3>LE MONSTRE DE NOVES</h3>
<h3>Le nom de « Tarasque » est impropre puisqu’il ne s’agit pas d’une représentation de la Tarasque, animal fabuleux des légendes provençales qui hante les eaux du Rhône<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>. Monstre de Noves ou monstre androphage semble plus adapté comme appellation.</h3>
<h3>La statue était à l’origine polychrome, mais seule des traces d’enduit rouge sont encore visibles autour de la gueule et les griffes.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6075" src="https://www.lecodesecretdesdruides.com/wp-content/uploads/2023/09/TAR-1-222x300.jpg" alt="Le monstre de Noves, cette œuvre est datée entre 50 av. J.-C. et les premières années de notre ère. Musée Lapidaire, Avignon." width="483" height="653" /></p>
<p>Le monstre de Noves, cette œuvre est datée entre 50 av. J.-C. et les premières années de notre ère. Musée Lapidaire, Avignon.</p>
<h3>C’est dans en des temps incertains après la chute d’Alésia, bataille décisive de la fin de la guerre des Gaules qui voit la défaite d&rsquo;une coalition de peuples gaulois menée par Vercingétorix face à l&rsquo;armée romaine de Jules César en 52 av. J.-C., que le tabou sur la représentation des dieux imposée par les druides est tombé. C’est durant cette courte période d’une cinquantaine d’années que sont apparues quelques pièces extrêmement rares, comme le chaudron de Gundestrup, qui résument les croyances des druides. Moment charnière entre une période qui ne représente pas ses dieux et l’époque suivante qui montre un syncrétisme croissant entre les religions romaine et gauloise. Le monstre de Noves est donc d’une valeur inestimable et devrait de par son importance avoir sa place à côté de la Joconde au musée de Louvre.</h3>
<h3>LE DIEU DES ENFERS</h3>
<h3>Longtemps les archéologues se sont interrogés sur la nature exacte d’une telle créature, lion, loup, dragon ?</h3>
<h3>Pour connaître la signification exacte de cet animal fabuleux voir <a href="https://www.lecodesecretdesdruides.com/la-tarasque-de-noves/">SAISON 2 ANNEXE 12</a> La Tarasque de Noves</h3>
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		<title>LE GRIFFON</title>
		<link>https://www.kernunnoslecodesecret.com/le-griffon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Lugus1967]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jan 2024 23:06:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MONSTRES ET MERVEILLES]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LE GRIFFON Le griffon est une créature légendaire qui a traversé les cultures et les âges. Il est représenté avec la tête d&#8217;un aigle au bec puissant et aux oreilles pointues greffé sur le corps d&#8217;un lion. Le griffon est souvent figuré avec les ailes et les serres d&#8217;un oiseau de proie. Il emprunte son [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h1>LE GRIFFON</h1>
<h3>Le <strong>griffon</strong> est une créature légendaire qui a traversé les cultures et les âges. Il est représenté avec la tête d&rsquo;un aigle au bec puissant et aux oreilles pointues greffé sur le corps d&rsquo;un lion. Le griffon est souvent figuré avec les ailes et les serres d&rsquo;un oiseau de proie. Il emprunte son aspect à la fois au roi des oiseaux, l’aigle et au roi des animaux, le lion dont il combine les puissances respectives.   L’allure générale de l’animal mythique comporte parfois quelques variantes : les pattes avant de rapace notamment ou des oreilles de cheval.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1572" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-1-300x205.jpg" alt="Homas achéménide de Persépolis, semblables à des griffons." width="536" height="366" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-1-300x205.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-1.jpg 719w" sizes="(max-width: 536px) 100vw, 536px" /></p>
<p>Homas achéménide de Persépolis, semblables à des griffons. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>LE GRIFFON DANS L’ANTIQUITÉ</h3>
<h3>Le griffon est connu dans de nombreuses cultures anciennes (Elam, Egypte, Babylonie, Assyrie, Hittites, Anatolie). Le griffon apparaît en Élam à la fin du IVe millénaire av. J.-C. et est utilisé dans l&rsquo;art égyptien dès 3000 avant J.-C. et en Syrie dès le début du IIe millénaire. L’art grec adopte également depuis le VIII<sup>e</sup> siècle av. J.-C. à partir des motifs de griffons venus d’Orient.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1573" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-2-215x300.jpg" alt="Griffon trouvé à Saqqarah, Musée national d'Alexandrie." width="375" height="523" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-2-215x300.jpg 215w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-2.jpg 394w" sizes="(max-width: 375px) 100vw, 375px" /></p>
<p>Griffon trouvé à Saqqarah, Musée national d&rsquo;Alexandrie. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>La tête de l’animal d’un type particulier (oreilles dressées et bec grand ouvert), connu sous le nom de protomes de griffon, est fréquemment utilisé sur des récipients, cruches ou chaudrons.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1574" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-3-A-199x300.png" alt="Tête de griffon ou protomé en bronze coulé creux, l’objet faisait partie d’un chaudron." width="375" height="565" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-3-A-199x300.png 199w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-3-A.png 352w" sizes="(max-width: 375px) 100vw, 375px" /></p>
<p>Tête de griffon ou protomé en bronze coulé creux, l’objet faisait partie d’un chaudron. La bête a un cou sinueux allongé, de longues oreilles pointues et un bec crochu grand ouvert. Vers 700 av. J.-C. à 600 av. J.-C. Rhodes, Grèce. ©The Britisch Museum</p>
<h3>LE GARDIEN DES TRÉSORS</h3>
<h3>Dans la mythologie grecque, le griffon est notamment évoqué dans l&rsquo;épopée <em>Arimaspées</em>  du poète voyageur semi-légendaire Aristée (ou Aristéas) de Proconnèse au VII<sup>e</sup> siècle av. J.-C.,, dans laquelle cet animal est le gardien vigilant des mines d&rsquo;or du Nord du monde contre le peuple des Arimaspes.</h3>
<blockquote>
<h3><em>De son côté, Aristéas, fils de Caystrobios, de Proconnèse, dans un poème épique [Arimaspées], raconte que, possédé de Phébus, il alla chez les Issédons</em><a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a><em>, qu&rsquo;au-dessus des Issédons habitent les Arimaspes, hommes qui n&rsquo;auraient qu&rsquo;un œil ; au-dessus des Arimaspes, les griffons gardiens de l&rsquo;or ; au-dessus des griffons, les Hyperboréens qui s&rsquo;étendent jusqu&rsquo;à une mer ; que, sauf les Hyperboréens, tous ces peuples, à commencer par les Arimaspes, font constamment la guerre à leurs voisins ; que les Issédons furent chassés de chez eux par les Arimaspes, les Scythes par les Issédons ; et que les Cimmériens, qui habitent la côte de la mer du Sud, sous la pression des Scythes abandonnèrent leur pays. Ainsi, lui non plus n&rsquo;est pas concernant ce pays, d&rsquo;accord avec les Scythes</em><a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a><em>.</em></h3>
</blockquote>
<blockquote>
<h3><em>Il est constant que c&rsquo;est dans le Nord de l&rsquo;Europe qu&rsquo;il y a de beaucoup le plus d&rsquo;or. Comment il est obtenu, cela non plus je ne saurais le dire avec certitude ; on raconte qu&rsquo;il serait soustrait aux griffons par les Arimaspes, hommes n&rsquo;ayant qu&rsquo;un œil</em><a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a><em>.</em></h3>
</blockquote>
<h3>Les Arimaspes forment un peuple légendaire de Scythie, au-delà des Monts hyperboréens loin au Nord. Ils guerroyaient sans cesse contre les griffons, gardiens des mines d’or.</h3>
<blockquote>
<h3><em>Auprès de ceux qui sont tournés vers le septentrion, non loin de l’origine de l’Aquilon et de la caverne d’où il sort, lieu appelé Geselitos, on rapporte que sont les Arimaspes, qui, avons-nous dit, n’ont qu’un œil au milieu du front. Ils sont continuellement en guerre autour des mines avec les griffons, espèce d’animaux ailés, tels que la tradition les figure d’ordinaire : les griffons extraient l’or des cavités souterraines, et le défendent avec autant d’ardeur que les Arimaspes cherchent à le ravir ; c’est du moins ce que racontent beaucoup d’auteurs, et parmi les plus illustres Hérodote et Aristée de Proconnèse</em><a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a><em>.</em></h3>
</blockquote>
<h3>Les Arismapes sont décrit comme n&rsquo;ayant qu&rsquo;un œil. Cette particularité vient probablement parce que ce peuple nomade fermaient sans doute un œil pour tirer à l&rsquo;arc.</h3>
<h3>UN DINOSAURE</h3>
<h3>Une hypothèse<a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a> a été avancé selon laquelle le Griffon aurait été imaginé à partir de squelettes de protocératops<a href="#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a>. Ces fossiles auraient été trouvés dans les temps anciens par des nomades (Scythes) en prospectant de l&rsquo;or dans les vastes déserts de l&rsquo;Asie centrale. Les hommes déterrant des ossements d&rsquo;animaux monstrueux au-dessus des gisements aurifères ont pensé que c&rsquo;était les restes des anciens gardiens des mines d&rsquo;or.  Au V<sup>e</sup> siècle av. J.-C. l’historien Hérodote affirme que les griffons construisaient leurs nids dans l’or.  Le protocératops partage en effet plusieurs caractéristiques avec le griffon : un grand bec crochu, quatre pattes, des griffes et une taille similaire. L&rsquo;animal construisait également des nids pour leurs œufs. Un corps qui aurait pu rappeler aux humains celui d&rsquo;un lion. Même la collerette au-dessus du crâne aurait pu être interprétée comme des ailes fossilisées.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1575" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-4-300x208.jpg" alt="Squelette de Protoceratops andrewsi." width="537" height="372" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-4-300x208.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-4.jpg 644w" sizes="(max-width: 537px) 100vw, 537px" /></p>
<p>Squelette de Protoceratops andrewsi. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>Ce sont des fossiles, que l&rsquo;on trouve encore aujourd&rsquo;hui dans le désert de Gobi, à la lisière des montagnes de l&rsquo;Altaï (en mongol : « Montagnes d&rsquo;Or ») en bon état de conservation.</h3>
<h3>Pourtant les fossiles ne sont pas à l&rsquo;origine des mythes, la croyance qu&rsquo;il existe des gardiens monstrueux qui veillent sur des trésors devait être très ancienne. La découverte de fossiles dans les gisements d&rsquo;or n&rsquo;a que conforté cette idée.</h3>
<h3>LE GRIFFON AU MOYEN-ÂGE</h3>
<h3>Au Moyen-Âge, Le griffon est considéré comme un animal réel. On le trouve dans l’art et la littérature chrétienne en occident. Les nombreux témoignages de voyageurs qui, comme Marco Polo affirment l&rsquo;avoir observé, ne laissent planer aucun doute sur son existence réelle. Le griffon fait l’objet de nombreux commentaires et représentations dans les bestiaires médiévaux. Vers la fin du Moyen-Age, le griffon connaît un véritable succès héraldique et investit les blasons des familles nobles.</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1576" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-5-300x123.jpg" alt="Griffon - détail d’une miniature du bestiaire de Rochester, XIIIe siècle." width="837" height="343" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-5-300x123.jpg 300w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-5-1024x421.jpg 1024w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-5-768x316.jpg 768w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-5.jpg 1385w" sizes="(max-width: 837px) 100vw, 837px" /></p>
<p>Détail d’une miniature du bestiaire de Rochester, XIII<sup>e</sup> siècle. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>À ne pas confondre le griffon avec son cousin l&rsquo;Hippogriffe croisement entre un griffon et une jument.</h3>
<h3>Image mise en avant :</h3>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1577" src="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-6-A-283x300.png" alt="Statère en argent représentant un griffon bondissant les ailes ouvertes, vers 411/410 - 386/385 av. J.-C., Abdère (cité grecque), Thrace antique." width="295" height="313" srcset="https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-6-A-283x300.png 283w, https://www.kernunnoslecodesecret.com/wp-content/uploads/2024/01/GRIF-6-A.png 408w" sizes="(max-width: 295px) 100vw, 295px" /></p>
<p>Statère en argent représentant un griffon bondissant les ailes ouvertes, vers 411/410 &#8211; 386/385 av. J.-C., Abdère (cité grecque), Thrace antique. (Wikimedia Commons).</p>
<h3>©JPS2024</h3>
<h3><a href="https://www.kernunnoslecodesecret.com/">[ACCUEIL]</a></h3>
<h3></h3>
<h3>NOTES :</h3>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Les Issedones étaient un peuple d&rsquo;Asie centrale occupant les terres situées au bout de la route commerciale située au Nord-Est de la Scythie.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Hérodote, Histoires, IV, 14.</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Hérodote <em>Histoires</em>, III, 116.</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Pline l&rsquo;Ancien, <em>Histoire naturelle</em>, Livre VII, II. 2.</p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Théorie suggéré par l&rsquo;anthropologue, l&rsquo;historienne et folkloriste américaine Adrienne Mayor dans <em>The first fossil hunters</em>, Princeton University Press, 2000.</p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Un dinosaure dont les restes sont communs dans les gisements du Crétacé de cette région.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Griffon_(mythologie)">Griffon (mythologie) — Wikipédia (wikipedia.org)</a></p>
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